Dans le futur, chacun aura le droit à son quart d’heure d’anonymat

Par Jean-Marc Manach, journaliste au Monde Diplomatique, sur InternetActu et blogueur invité chez Le Monde. Article sous licence cc by nc.

Google, Facebook et consorts sont à la libération de la parole publique ce que l’industrie du sexe fut à la libération sexuelle : une façon d’exploiter et de faire commerce d’une nouvelle liberté, mais, et dans le même temps, l’un des vecteurs de banalisation, et donc de diffusion, de cette libération.

L’explosion du web, dans les années 90, fut intimement liée au phénomène des “pages persos” (”homepage“, en anglais) que, avec l’expansion des blogs et du web 2.0, les professionnels qualifient aujourd’hui d’”User Generated Content” (UGC).

Ce n’est qu’ensuite, et dans un troisième temps, que le commerce électronique, et les services en ligne, ont attiré le chaland, comme le rappelait récemment Arno*, co-auteur, avec le minirézo (réseau informel de défense de la liberté d’expression, créé en 1996), d’un “manifeste du web indépendant“, pour qui “cette possibilité d’exercer réelle­ment et à grande échelle leur liberté d’expression publique est la réelle innovation apportée par le Web et l’internet” :

“En décembre 2000, on dénombrait en France environ 3 millions d’internautes « assi­dus », et… 1,5 million de pages personnelles. Alors que seul le web marchand faisait l’actualité.

On est donc confronté à un phénomène énorme, un comportement que l’on ne peut occulter. Le citoyen, sur l’internet, n’est pas un consommateur passif : jamais l’expression publique des citoyens n’a été aussi massive.”

Depuis, les blogs et réseaux sociaux ont eux aussi droit de cité, mais les internautes se retrouvent de plus en plus souvent vent debout contre ceux-là mêmes qui leur permettent, soit de s’exprimer, soit d’être entendus. Il suffit en effet qu’un Google ou un Facebook retouche d’un iota leur façon de gérer les données personnelles de leurs utilisateurs, et la curée, le scandale, est mondial.

On est au coeur du paradoxe de la vie privée : d’un côté, les internautes ne cessent de s’exprimer sur le Net, de l’autre, ils ont une peur bleue des conséquences que cela peut avoir pour leur propre vie privée.

De même que le sexe ne se réduit pas à des atteintes aux bonnes moeurs, non plus qu’à de la pornographie, ou de la prostitution, le fait de s’exprimer sur le Net ne se réduit pas au commerce des données personnelles, à de l’exhibitionnisme pas plus qu’à des atteintes à la vie privée.

On n’a jamais eu autant besoin de vie privée

Prenons le problème par la racine, à savoir les adolescents, cette génération dite des “natifs du numérique” parce qu’ils ont tout le temps grandi avec, sinon dedans. On entend souvent dire d’eux qu’ils n’auraient plus de notion de vie privée, qu’elle serait dépassée. C’est doublement inexact.

D’une part parce que, dans toute l’histoire de l’humanité, on n’avait jamais autant débattu de cette notion de “vie privée” que ces dernières années. D’autre part parce que les adolescents en particulier, et les internautes en général, font précisément grand cas de leur vie privée, même s’ils en ont une conception quelque peu différente de ceux qui n’ont pas grandi avec Google, Facebook, MySpace et MSN.

Comme le souligne danah boyd, chercheuse ès médias sociaux, “la vie privée n’est pas une technologie binaire que l’on peut allumer ou éteindre” :

“La vie privée renvoie au fait de pouvoir contrôler la situation, de pouvoir contrôler quelle information va où, et d’avoir la possibilité d’en réajuster le flux de manière appropriée lorsque l’information déborde ou va trop loin. Les gens se préoccupent de leur vie privée parce qu’ils ont peur d’en perdre le contrôle.”

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Quand les adolescents expliquent que, sur le Net, ils vivent de manière “publique par défaut, privée lorsque nécessaire“, ça ne signifie pas pour autant que la notion de vie privée est en passe de disparaître. Au contraire, estime danah boyd, cela veut dire à quel point leur intimité est importante à leurs yeux, tout autant sinon plus que la publicité qu’ils peuvent y rechercher :

“Quand, par défaut, notre vie est privée, on doit faire attention à ce que l’on rend public. Mais quand, par défaut, ce que l’on fait est public, on devient très conscient des enjeux liés à sa vie privée.

Et je pense que les gens n’ont jamais été aussi soucieux de leur vie privée. Parce que l’on ne veut pas partager tout ce que l’on fait, tout le temps, avec tout le monde et n’importe qui.”

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Le problème, c’est que le statut de “personnalité publique“, après avoir longtemps été réservé à un nombre restreint de privilégiés, est aujourd’hui accessible à tout un chacun, en quelques clics. Or, s’inquiète danah boyd, “les conséquences sociales, considérables, de ce changement de paradigme ne seront jamais assumées par les geeks de la Silicon Valley qui en sont responsables” :

“Certains d’entre eux voudraient forcer tout le monde à accepter ce changement culturel où la vie publique serait la nouvelle norme sociale. Je ne pense pas que ce soit très raisonnable, et ne pense pas non plus que c’est ce que réclament les gens.

Ce n’est pas parce que certains ont compris qu’ils pouvaient gagner quelque chose à s’exposer que tout le monde en a envie. Et ça ne veut pas dire, non plus, que la “vie privée” n’a plus de valeur. Il faut leur donner la possibilité de se protéger, et de faire face aux conséquences que cela entraînera.

Je doute que ces magnats de la Silicon Valley aient envie que leurs enfants connaissent les préférences sexuelles de leurs professeurs.”

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Facebook ne relève pas de la vie privée ? Tant mieux !

Au commencement de l’histoire de Facebook, il fallait être membre de telle ou telle école ou communauté pour avoir le droit de s’y inscrire. Et puis les choses ont changé, et Marc Zuckerberg, son fondateur, a déclaré, en janvier 2010, que “les gens sont désormais à l’aise avec l’idée de partager plus d’informations différentes, de manière plus ouverte et avec plus d’internautes. (…) La norme sociale a évolué“, et la notion de confidentialité des informations publiées sur Facebook avec.

Sur le web, les blogs et dans la presse, ce fut la curée. La quasi-totalité des réactions engendrées par ces déclarations étaient outrée, dénonçant cette façon qu’aurait Facebook de vouloir en finir avec la vie privée. Seul ou presque, Hugo Roy, l’un des plus fins observateurs français des questions de liberté numérique, s’en est par contre félicité :

“Alors, sur Facebook, point de vie privée. Tout est public. Moi, je jubile. C’est une très bonne nouvelle.”

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Assistant du président de la Free Software Foundation Europe, défenseur des libertés numériques et des logiciels libres, Hugo Roy n’a pas particulièrement le profil d’un marchand de données personnelles cynique ou liberticide. Et c’est précisément ce qui le ravit dans cet aveu de Facebook, dont le fonds de commerce est précisément de commercialiser nos données qui, dès lors, ne peuvent plus vraiment être qualifiées de “privées“ :

“Facebook est principalement un outil de partage. (…) A partir de là, toute discussion sur la vie privée ou sur la protection des données est illusoire, contradictoire et un peu ridicule.

Confier la protection de votre vie privée à des paramètres informatiques que vous ne contrôlez pas, et qui sont contrôlés par une entreprise dont le business se base sur vos données, cela n’a pas de sens. Vous ne pouvez pas faire confiance à Facebook pour le respect de votre vie privée.”

Ainsi, il n’y a rien de choquant à ce que Google indexe ce que nous décidons de rendre public, le contraire serait même décevant : quand on s’exprime, c’est pour être entendu, écouté. Evoquant le débat sur le “droit à l’oubli“, Hugo Roy rappelle ainsi à quel point les termes du débat ont mal été posés :

“Si je publie un livre, je dois assumer mes propos, et ce, même dans quelques années. Mais je ne peux pas me plaindre que ce que j’écris dans ce livre mette à nu mes opinions, mes idées. C’est même le but de publier ! Ce que les gens publient sur Internet est public.

Ce qui est intime et relève de la vie privée doit rester privé et n’a pas vocation à être publié. Les outils et services que vous utilisez doivent vous garantir le contrôle et la protection de cette intimité et des données personnelles.”

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Pour lui, la solution est toute trouvée, et pas bien compliquée : “Il faut que chacun prenne en main le contrôle de ses propres données et saisisse la différence entre ce qui est privé sur le réseau, et ce qui est public” :

“Gardez bien à l’esprit que tout ce que vous ne contrôlez pas est définitivement hors de votre portée. Le réseau n’oubliera rien. Il faut apprendre à maîtriser ce que l’on publie, et surtout garder ce qui est intime hors du Web public. C’est un espace public, votre vie privée n’a rien à y faire.

Entrer sur un réseau social, c’est accepter de devenir un individu à l’intérieur de ce système, qui comme tout objet social, peut faire l’étude d’analyse, voire intéresser des entreprises pour y faire du marketing. Acceptez les règles du jeu, poussez vos paramètres vers toujours davantage de publicité et vous verrez, vous profiterez pleinement de Facebook.”

Vers une société de sousveillance

Voir et pouvoir, qui nous surveille ? par Jean Gabriel GanasciaDans son ouvrage “Voir et pouvoir: qui nous surveille ?” (Amazon), Jean-Gabriel Ganascia, philosophe et professeur d’informatique qui travaille sur l’éthique et la philosophie politique de la société de l’information, se penche sur la société de sousveillance.

En référence à la structure carcérale et de surveillance du Panopticon de Jeremy Bentham, Ganascia qualifie de “Catopticon” cette infosphère où tout le monde peut observer tout le monde, et où le regard, contrairement aux surveillants du panoptique, vient d’”en bas” (”cata” signifiant à la fois “sous” et “retour“).

Dans la société de surveillance, rappelle Ganascia, celui qui a le pouvoir, c’est celui qui voit, celui qui est devant l’écran de contrôle. Ceux qui sont devant les caméras ne savent pas quand (ni si) Big Brother les regarde, et préfèrent donc s’auto-censurer plutôt que de risquer de se voir reprocher quoi que ce soit. C’est ainsi que Big Brother parvient à les contrôler, sans même avoir besoin de les regarder.

A contrario, avec la sousveillance, le pouvoir n’est plus de regarder, mais d’être vu, et il n’est plus vertical, mais horizontal : dans la mesure où tout un chacun a la possibilité d’être sous les feux des projecteurs, et que l’on ne s’observe non pour se surveiller, mais pour s’informer, “protéger, assister et accompagner” :

“Il en résulte un changement radical : tout le monde échange avec tout le monde ; courriers électroniques, blogs, micro-blogs, réseaux sociaux assurent à tous un accès à tous. En contrepartie, tous se préparent à accueillir le regard de tous. Et ce regard est de moins en moins perçu comme négativement, comme une intrusion dans l’espace propre à l’individu.

Bien au contraire, chacun aspire à attirer le plus grand nombre de regards, car leur nombre atteste de la réussite de celui qui les reçoit (…). A l’organisation hiérarchique qui régissait le Panopticon, où la caste des surveillants exerçait une autorité silencieuse, mais absolue et discrétionnaire sur les prisonniers, se substitue une rigoureuse égalité.”

Au moment où les internautes craignent pour leurs données personnelles, et que certains présentent Google et Facebook comme les nouveaux Big Brother des années 2010, Ganascia craint, lui, qu’”à trop s’inquiéter des menaces de la surveillance, on en oublie les autres périls, en particulier ceux que la sousveillance généralisée fait peser sur l’autonomie de l’individu, sur l’égalité des hommes et sur la solidarité” :

“En effet, pour se prémunir de logiques totalitaires comme celles qu’Orwell met en scène dans 1984, on doit exiger une communication totale de tous avec tous, sans aucune censure, et imposer un principe de transparence généralisée pour promouvoir une libre circulation de l’information entre tous.”

Or, pour lui, “le risque majeur ne tient plus tant à la divulgation des données personnelles et à l’abrogation des libertés qu’à l’anonymat dans lequel on risque d’être plongé à jamais ou, pire, à un référencement erroné que l’on subit sans pouvoir rien y changer, ou encore à la persistance d’un passé révolu que l’on souhaiterait oublier“…

Des “risques majeurs” somme toute bien moindres que ceux posés par la multiplication des technologies de contrôle à l’oeuvre dans notre société de surveillance, celle où le contrôle se fait d’en haut, où le citoyen est tenu d’accepter d’être surveillé (au motif que seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher auraient quelque chose à cacher), où il doit démontrer son identité (par papiers “sécurisés“, ou via l’empreinte de ses doigts), quand ce n’est pas son innocence (au moyen de son ADN, ou lorsqu’il fait l’objet d’une plainte pour outrage et rébellion après avoir été placé en garde à vue sans qu’aucune charge ne soit finalement retenue contre lui).

Les milliers de Français contraints de démontrer leur nationalité, à grand renfort de papiers administratifs qu’ils sont souvent bien en peine, voire incapables, de réunir, illustrent parfaitement à quel point ce qui nous menace, dans cette société de surveillance, de contrôle et de suspicion, ce n’est plus tant, comme le soulignait Daniel Solove, un monde orwellien, mais bien plutôt un monde kafkaïen…

A contrario, il est tout à fait possible de se faire un nom, une réputation, et donc de reprendre le contrôle de son identité sur les réseaux où, paradoxalement, pour protéger sa vie privée, il faut, non pas tant s’en méfier, et s’y cacher qu’y aller, et s’y faire connaître…

En route vers de nouvelles libertés

Andy Warhol avait pronostiqué que “dans le futur, chacun aura droit à 15 minutes de célébrité mondiale“. Le quart d’heure risque fort de se prolonger, indéfiniment, et le problème serait plutôt de savoir en quelle mesure il est, et sera encore possible, à l’avenir, d’avoir son “quart d’heure d’anonymat“…

Dans les espaces publics physiques, nos déplacements et propos relevaient de la vie privée, d’où les problèmes posés, par exemple, par la vidéosurveillance, qui fait de tout un chacun un suspect potentiel, et représente donc une atteinte à nos libertés. A contrario, dans les espaces publics de cette société de sousveillance, notre vie est d’abord et avant tout publique : ce qui relève vraiment de notre vie privée n’a rien y faire, et il faut apprendre à se donner les moyens de la protéger.

Paradoxalement, cette évolution des usages, des moeurs, et donc de la “norme sociale“, est probablement une bonne nouvelle en terme de “libertés” : jamais encore les gens n’avaient autant désiré reprendre ainsi en main le contrôle de leur ”vie privée“.

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De même que la libération sexuelle n’a pas fait de la génération 68 des dépravés polygames, mais des personnes a priori plus responsables et moins coincées, le fait qu’il soit plus simple, aujourd’hui, d’être une personnalité publique ne signifie aucunement la fin de la vie privée.

La libération sexuelle a permis de libérer, et de banaliser, la sexualité, contribué au féminisme, à la reconnaissance des droits des homosexuels, au fait que les rapports humains ne sont plus uniquement dominés par le patriarcat. Elle n’a pas pour autant obligé tout le monde à faire l’amour avec tout un chacun. Et ce n’est pas parce qu’un nombre croissant d’internautes décident de mener une “vie publique” que tous les internautes “doivent” faire de même. C’est d’abord et avant tout une question de libertés.

Captures d’écran extraites de la Parents/Familles de Lamebook.com, qui répertorie les “meilleurs” plantages & “fails” sur Facebook.

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Un hacker piraté par les médias

Les mots ont un sens. Pourtant, il arrive souvent que certains perdent leur signification, à force de détournements, de propagande et d’abus. C’est souvent le cas avec le mot hacker, très souvent confondu avec cracker, celui qui casse des systèmes de sécurité. En France, on fait souvent l’amalgame avec pirate. De même que je n’aime pas les analogies foireuses comme « prise d’otage » pour parler de grèves, je trouve que l’analogie de pirate est assez mauvaise. C’est d’autant plus le cas qu’en fait, hacker, ça n’a rien à voir.

Richard Stallman, le hacker vaillant du Logiciel libre explique à ce propos

You can help correct the misunderstanding simply by making a distinction between security breaking and hacking–by using the term « cracking » for security breaking. The people who do it are « crackers ». Some of them may also be hackers, just as some of them may be chess players or golfers; most of them are not.

La confusion est d’autant plus dommage que la notion de hacker est primordiale, un vrai enjeu technologique selon Tristant Nitot. En effet, que serait le Web ou l’Internet, sans cette caractéristique, la « bidouillabilité » (hackability en anglais) véritable source de libertés et d’innovations ?

Heureusement, au-delà de la communauté libriste, d’autres contribuent à réhabiliter le sens du mot hacker comme le journaliste Jean-Marc Manach (@manhack) qui met en lumière leur rôle primordial dans un monde contrôlé par la technologie, dans un article du Monde Diplomatique, Les « bidoulleurs » de la société de l’information.

Malheureusement, pour le grand public, le hacker reste confondu avec le pirate. En vérité, à chaque fois que cet amalgame tout à fait déplacé se produit, c’est toute la communauté hacker qui est piratée par les médias. Dernier exemple en date, Matt Lee.

Matt Lee est un hacker qui remplit bien le stéréotype que le grand public doit s’en faire, c’est-à-dire… il est barbu. Matt Lee est très actif à la FSF aux États-Unis ainsi que dans divers projets GNU, notamment Libre.FM et GNU Social.

Il y a trois ans, au Chaos Communications Camp à Berlin, Matt est pris en photo. Sans une quelconque autorisation, la photo accède à un diaporama du Guardian. Jusque là, rien de mal. Bon évidemment, il y a le droit à l’image… mais je ne pense pas qu’il y avait de problème. Sauf que, il y a deux jours, la photographie a été utilisée par un autre journal, espagnol cette fois-ci.

Le problème est que l’article en question, n’a rien à voir avec ce que fait Matt.

Desmantelada una red de 13 millones de ordenadores ‘zombies’

Voilà notre gentil hacker, transformé en méchant pirate, passant ses heures perdues à infester les ordinateurs de pauvres gens sous Windows, pour les mettre à contribution pour inonder notre cher réseau Internet de Spams et autres nuisances en tout genre.

Qui est le pirate dans l’histoire ?

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Google Buzz, départ manqué et vie privée

Google a lancé cette semaine son nouveau produit, Google Buzz. On y voit sans conteste une tentative de faire de l’ombre à Facebook et il faut dire que Google a les atouts pour le concurrencer. Évidemment, avec tous les services Google que les gens utilisent, ça fait un paquet d’informations à partager. Interconnectez le tout, ajoutez un nom piqué à Yahoo! et un logo à la Google et vous obtenez Google Buzz.

Je dois dire que l’outil lui-même souffre encore de quelques imprécisions (notamment, comment est-ce que j’y partage automatiquement les billets de mon blog?) mais je dois dire que techniquement, c’est pas mal du tout. J’aime bien notamment cette capacité à tout centraliser (compte Twitter, photos Flickr et la ribambelle de services Minitel 2.0), couplé avec des protocoles et APIs ouverts, ça a du potentiel.

Mais évidemment, comment ne pas rater plus magistralement le lancement de son produit? Les problèmes de vie privée ont été au cœur des commentaires – et à juste titre. Rendre public par défaut la liste des abonnés publique, c’est-à-dire montrer à tout le monde avec qui vous échangez le plus de mails privés faut-il le rappeler; et aussi partager ces informations sans votre consentement, mais par défaut… on pouvait difficilement faire plus maladroit.

Les premières victimes n’ont pas tardé à se faire entendre. (Lire notamment F*ck you, Google, où la bourde de Google a des conséquences très très dommageable pour cette personne). Correction: la page est désormais bloquée, donc pour savoir de quoi il était question, lire l’article du Guardian.

Alors évidemment, Google est largement responsable. Les courriels échangés via Gmail relèvent de la correspondance privée. Il ne viendrait jamais à l’idée de Google de publier les destinataires de vos courriels, c’est pourtant ce qu’ils ont fait maladroitement avec Buzz et la liste par défaut des abonnés (sans compter le partage automatique des contenus détenus par d’autres services Google, comme Reader, que cela impliquait).

Le magazine Wired, tient désormais un sondage intitulé « What Buzzeth you About Google Buzz? » sorte de top50 des erreurs et des fautes de Google.

Cependant, j’aimerais quand même rappeler quelque chose… notamment à la lecture de cette réponse (numéro 3) du sondage :

Breach of Trust
by Anonymous

I am a lawyer. The names of clients, witnesses, investigators, and expert witnesses are all confidential, and Google just breached the trust that my clients have in me to keep ALL of their information confidential. I signed up for email. Not social networking. We can no longer trust Google. They do not appreciate our privacy. Lawyers must immediately cease using Google provided services since they breach our client’s privacy.

Premièrement, je trouve l’attitude de cet avocat plutôt maladroite. Il a la confiance de ses clients, ses témoins et des enquêteurs etc. et qu’a-t-il fait de la responsabilité qui lui incombe de protéger leur confidentialité? Il a donné l’entière responsabilité de cette tâche à Google. J’aimerais connaître les raisons qui peuvent l’amener à faire confiance à Google. Ça me rappelle l’histoire de ce trafiquant d’arme belge, arrêté notamment via les courriels qu’il échangeait sur Gmail. C’est cocasse.

Car si encore Gmail n’était que votre facteur, je peux comprendre que vous fassiez confiance à Google comme facteur. Après tout, vous devez faire de même avec la Poste. Mais que vous lui laissiez toutes les données, tous vos courriers et toutes les informations qu’ils contiennent… La confiance implique le principe de mutualité. Quelle mutualité y a-t-il entre vous et le géant Google?

Deuxièmement, le courrier c’est une chose… mais Buzz centralise et partage, interconnecte en quelque sorte toutes les données que vous confiez à Google. Et c’est là le drame, certains se rendent compte de la masse d’informations faramineuse qu’ils ont confiée et qui ne sont pour Google qu’à la portée de quelques clics et modifications, et tout ça sans aucun contrôle possible de votre part (ou si peu).

Je pense qu’en ce qui concerne les problèmes de vie privée, le pouvoir de nuisance de Google n’est que le pouvoir que nous, utilisateurs, voulons bien lui donner, en abandonnant non seulement nos données, mais aussi notre propre responsabilité de protéger notre vie privée; une responsabilité qui incombe à tous et dont les répercussions se font sentir dans toute la société.

Enfin, pendant ce temps-là chez Facebook, on va aussi sur le terrain de Google. En dévoilant un peu plus leur application de messagerie instantanée, ils se rapprochent de Google Talk. Pour finir sur une note positive, ça nous fait encore plus de personnes qui utilisent XMPP/Jabber. Bonne nouvelle.

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Un meilleur affichage des listes de contacts

J’utilise Empathy comme logiciel de discussion spontanée. Si celui-ci supporte les thèmes pour les fenêtres de discussion (comme l’excellent Stockholm), ce n’est pas possible pour la Liste de contacts.
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The Finkielkrauts – Loversong + Writing a song

The Finkielkrauts - Distance [EP]

Loversong

Téléchargez le morceau :
format ogg vorbis, format mp3

Writing a song

Téléchargez le morceau :
format ogg vorbis, format mp3


© 2010, The Finkielkrauts, CC BY NC SAAttention : Vous avez le droit de partager et de remixer ce morceau à condition d’en mentionner l’auteur (The Finkielkrauts) et que ce soit à usage non commercial. Plus d’informations.

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Le premier EP de The Finkielkrauts : Distance

Ça y est, le premier album de The Finkielkrauts est dispo et il s’appelle

Distance

  1. Cocksucker No Blues (2:23) écouter sur Deezerécouter le Remix par R. Steiner
  2. Lover Song (4:38) écouter sur Deezer
  3. Colonizer Hat (3:12) écouter sur Deezer
  4. Writing a Song (4:50) écouter sur Deezer
  5. Technocrat (2:52) écouter sur Deezer

Vous pouvez l’écouter et l’acheter (6€) sur le site de Another Record, « maison de disque » qui fait tout comme il faut : format libre (.ogg) et droit d’auteur qui ne fait pas la chasse à son public : licence creative commons by-nc-sa. Vous avez donc le droit de partager et de modifier les morceaux avec vos amis ;)

Sinon vous pouvez aussi l’acheter sur Amazon, sur Apple iTunes, Virgin Mega ou bien écouter directement sur Deezer.

Vous pouvez aussi télécharger l’album au format ogg grâce à ce torrent.

Attention : les fichiers mp3 de iTunes et Virgin Mega sont peut-être avec des MTP (Mesures Techniques de Privation — DRM en anglais). Le mieux c’est vraiment d’acheter chez Another Record.

Retrouvez les Finkies sur MySpace.

distance
specs

Ils en ont parlé

Gonzai : « The Finkielkrauts: anarchy in the cartable » (fr)

Mis en avant sur VirginMega.fr et Deezer : rock,
virgindeezer

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Suivre les débats sur la loi LOPPSI

En ce moment à l’Assemblée nationale est examinée la loi LOPPSI (Orientation et Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure), pot-pourri de mesures sécuritaires et liberticides avec entre autres au menu : censure de l’internet par filtrage (sur décision du ministère de l’intérieur) et vidéosurveillance.

Officiellement, on parle de « combattre le fléau de la pédo-pornographie sur l’internet » et de « vidéoprotection». C’est ce qu’on appelle les miracles du novlangue mélangé avec l’efficacité avérée de la propagande classique.

Pour suivre un peu les débats, voici quelques pistes

Voir les séances en direct à l’Assemblée nationale

Ça se passe sur le site de l’assemblée nationale. Le plus simple est d’ouvrir dans votre lecteur vidéo favori : rtsp://a384. [...] mp4/fluxh264live1.sdp

Les « gazoullis »

Vous pouvez aussi suivre ce qui se dit sur twitter, mais il y a beaucoup de choses plus intéressantes sur identi.ca #loppsi. Pour savoir en bref ce qui se passe dans les tribunes de l’Assemblée, il y a l’excellent groupe Regards Citoyens qui publie sur son site un compte-rendu en direct.

La Quadrature du Net

Enfin, lisez le dossier et les communiqués de presse des citoyens de la Quadrature du Net sur le sujet. N’oubliez pas que leur action n’existe que grâce à notre soutien.

Assister aux débats à l’Assemblée

Si vous êtes sur Paris, n’hésitez pas à essayer d’assister aux débats, c’est très enrichissant.
Les détails: Comment assister aux débats par DeputésGodillots.Info

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Droit d’auteur 2010 : entre une application modèle et des limitations plus strictes

ipwatchPar Monika Ermert, traduit de l’anglais par Griselda Jung (Note : ACAC fait référence à ACTA, Anti Counterfeiting Trade Agreement)

L’Accord commercial anti-contrefaçon (ACAC), objet de négociations secrètes, est aujourd’hui au centre des débats internationaux sur le droit d’auteur. Tel est aussi le cas d’un potentiel nouveau traité international sur l’accès pour les déficients visuels aux livres en ligne, qui s’inscrit dans le cadre d’un mouvement plus large en faveur d’une clarification des limitations et exceptions au droit d’auteur. Cependant, certains se demandent pourquoi tenir des discussions et fournir tous ces efforts en matière de législation sur le droit d’auteur au niveau national et international alors que le droit d’auteur est de plus en plus souvent remplacé par des relations contractuelles ?

L’ACAC pourrait introduire la sanction de l’interdiction d’accès à Internet en cas d’infraction, méthode farouchement débattue dans plusieurs pays européens et adoptée en Corée du Sud, en France, en Nouvelle-Zélande et à Taïwan. L’accord est considéré par ses détracteurs comme un nouvel effort des gouvernements visant à encourager les titulaires de droits à s’acharner dans l’éternel combat pour le droit d’auteur.

D’autre part, on espère néanmoins qu’un nouveau traité pour les déficients visuels sera négocié à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Le Comité permanent du droit d’auteur et des droits connexes de l’OMPI a promis que des délibérations sans limitation de durée sur des questions en suspens allaient aboutir début 2010. Continuer à lire »

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Seconde édition de la Revue juridique internationale sur le Logiciel Libre (IFOSSLR)

La seconde édition de la Revue juridique internationale sur le Logiciel Libre et Open Source (International Free and Open Source Software Law Review) a été publiée la semaine dernière.

ifosslr

Vous pouvez la consulter en ligne et la télécharger gratuitement. Les articles sont tous publiés sous les termes d’une licence creative commons qui vous autorise à les partager. Notez aussi que cette édition est aussi disponible en version papier pour 11€.

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Une semaine à l’OMPI

Cette semaine, j’étais à Genève pour la Quatorzième session du Comité permanent du droit des brevets de l’OMPI, l’organisation mondiale de la « propriété intellectuelle » qui était l’occasion pour les Nations Unies de continuer à redéfinir le cadre du débat international sur les brevets, et plus globalement sur le rôle du système de « propriété intellectuelle » international, et son impact sur des questions aussi essentielles que le développement et l’innovation.

wipoJ’étais présent aux côtés de Karsten Gerloff, président de la Free Software Foundation Europe, qui avait déjà participé à notre contribution pour le Plan d’action de l’OMPI pour le développement. La FSFE est impliquée à l’OMPI depuis 2004, et contribue à cet élan porté par de nombreux pays notamment le Brésil et l’Argentine, pour conduire un changement des questionnements politiques de la propriété intellectuelle. Car, non seulement la notion même de propriété intellectuelle porte en elle une supposition idéologique, mais surtout son application au niveau global ne fait que renforcer son incapacité en l’état à conduire le progrès. La légitimité de son action est donc remise en cause par le contexte global, mais aussi par les avancées technologiques. On peut en effet toujours se demander si à l’ère de la reproduction numérique – quasi-infinie et à moindre coût -, limiter l’expansion du savoir a encore un sens.

C’est au sein de ce débat important, dont les contours ne sont pas encore tracés et toujours en changement, que se posait la question du rôle des brevets dans ce système complexe et hétérogène qu’est la « propriété intellectuelle ».

La semaine allait donc se dérouler au fur et à mesure que les délégations nationales et les organisations non-gouvernementales débattaient des documents issus des recherches menées par le secrétariat de l’OMPI. Documents qui eux-mêmes ont été préparés suite aux débats antérieurs, qui portaient assez généralement sur la nature du système international des brevets.

La semaine allait commencer par une proposition audacieuse du Brésil pour recalibrer le spectre d’application des brevets – un sujet qui d’ailleurs est très sensible pour les logiciels, puisque ce même comité des brevets avaient dans le passé tenté d’instaurer une harmonisation du système international, « vers le haut », c’est-à-dire en vérité un alignement sur le système américain qui a légalisé les brevets logiciels (même si cela est actuellement remis en cause par la Cour Suprême). Voir la pétition pour stopper les brevets logiciels en Europe.

L’un des points clés de la proposition du Brésil est mise en évidence par Glyn Moody.

The naïve assumption that providing IP title holders with stronger rights will, by itself, foster innovation or attract investments is no longer acceptable. The open and global economy has rejected this assumption and severely hit the very essence of the patent system, whereby a country would confer an artificial and temporary “monopoly” for the inventor in exchange of having the invention revealed allegedly benefiting the society. No such thing is currently taking place, with a few countries excepted. What, then, does a Member State get out of being part of WIPO ? If contributing to the welfare of the society does not constitute a major aspect of what a country could get out of being part of a member-driven UN Organization such as WIPO, what could it possibly be?

La Free Software Foundation Europe a donc participé à ce débat en s’impliquant sur trois sujets : la relation standards/brevets, le transfert de technologie, et le système d’opposition aux brevets. Continuer à lire »

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