Archives chronologiques

13 novembre 2009

Frédéric Beigbeder, 99 F

Les dictatures d’autrefois craignaient la liberté d’expression, censuraient la contestation, enfermaient les écrivains, brûlaient les livres controversés. Le bon temps des vilains autodafés permettait de distinguer les gentils des méchants. Le totalitarisme publicitaire, c’est bien plus malin pour se laver les mains. Ce fascisme-là a retenu la leçon des ratages précédents [...]. Pour réduire l’humanité en esclavage, la publicité a choisi le profil bas, la souplesse, la persuasion. Nous vivons dans le premier système de domination de l’homme contre lequel même la liberté est impuissante. Au contraire, il mise tout sur la liberté, c’est là sa plus grande trouvaille. Toute critique lui donne le beau rôle, tout pamphlet renforce l’illusion de sa tolérance doucereuse. Il vous soumet élégamment. Tout est permis, personne ne vient t’engueuler si tu fous le bordel. Le système a atteint son but : même la désobéissance est devenue une forme d’obéissance.

– Frédéric Beigbeder, 99 F, 2000, p. 21

Le principe de la publicité est de tout recycler, y compris les rebelles.

– Frédéric Beigbeder, Le Figaro, 7 septembre 2000.

Frank Zappa, Heavenly Bank Account

That’s right, remember there is a big
difference between kneeling down
and bending over…

— Frank Zappa, Heavenly Bank Account, You Are What You Is (1981)

Paroles

Ignacio Ramonet, Propagandes silencieuses

Le marketing est tellement sophistiqué qu’il aspire à vendre, non plus une marque, mais une identité, pas un signe social mais une personnalité. Selon le vieux principe de l’individualisme qui pourrait se formuler ainsi : avoir c’est être.

— Ignacio Ramonet, Propagandes silencieuses. Masses, télévision, cinéma, p. 35 © Éditions Galilée, 2000.

Zoot Allures – Frank Zappa

La guitare que Jimi Hendrix a enflammée (figurativement et littéralement) au festival de Monterey en 1967 (© cc-by-sa)

La guitare que Jimi Hendrix a enflammée (figurativement et littéralement) au festival de Monterey en 1967 - © wikimedia, cc-by-sa

Ce qui est passionnant avec l’œuvre de Frank Zappa et l’immense héritage qu’il constitue à mes yeux, c’est qu’on n’est jamais au bout de ses surprises et qu’il reste toujours un bout de l’univers à explorer.

Il est vrai que quand on n’a pas vécu depuis assez longtemps, on se retrouve comme face à une montagne, soixante albums, trente ans de création musicale, de provocations, de satires, d’humour, etc.

Cette fois, je suis tombé dans l’album Zoot Allures, dont je connaissais déjà la plupart des morceaux joués en concert. Mais chaque fois, c’est une nouvelle saveur, des arrangements jamais entendus, des rythmes différents…

Et cette guitare ! Dans l’album studio Zoot Allures, Zappa jouait sur la fameuse guitare que Hendrix a enflammée au festival de Monterey en 1967 – guitare qu’il a léguée à son fils.

Détails

  1. Wind Up Workin’ in a Gas Station
  2. Black Napkins
  3. The Torture Never Stops
  4. Ms. Pinky
  5. Find Her Finer
  6. Friendly Little Finger
  7. Wonderful Wino
  8. Zoot Allures
  9. Disco Boy