Publié en janvier 2010

Je serai au FOSDEM

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Donc cette année, je serai présent au FOSDEM (Qu’est-ce que c’est ?) à Bruxelles du 5 au 7 février. Vous me trouverez au stand de la Free Software Foundation Europe, que nous partagerons avec quelques hackers du projet GNU.

Au passage, La FSFE vient de recevoir une médaille décernée par la fondation Theodor Heuss (du nom du premier président de la RFA).

Ma semaine à Genève à l’occasion de la réunion du Comité permanent du droit des brevets (SCP/14) à l’OMPI (Org. mondiale de la propriété intellectuelle) se termine. Mes impressions à suivre :-) .

Œuvres culturelles, Copyleft et « Non Commercial » : questions de points de vue ?

Tout à l’heure, j’ai eu une petite discussion sur la nature des licences creative commons BY NC SA. En effet, il me semblait que je pouvais affirmer qu’il s’agit d’une licence de type copyleft, qui renvoie à certaines licences de logiciels libres, notamment la plus plébiscitée, la GNU GPL (Licence publique générale GNU). Mais apparemment, certains font la distinction et ne considèrent pas qu’il s’agit là de copyleft.

Pour rappel, la licence creative commons BY NC SA permet de publier une œuvre tout en accordant à chacun,

  • la liberté de diffuser le contenu, de le copier sur d’autres supports etc. (il me semble que c’est là la liberté minimale de toute licence creative commons),
  • la liberté de modifier le contenu,

à condition que,

  • il n’en soit pas fait une utilisation commerciale (NC : non commercial),
  • l’œuvre dérivée soit publiée selon les mêmes termes (c’est la signification de SA : share-alike) et que
  • l’auteur original soit mentionné (c’est la signification de BY : attribution).

Le désaccord concernait le SA : s’agit-il d’un mécanisme de copyleft ou non ? Je rappelle qu’en effet, il existe plusieurs types de copyleft qu’on regroupe généralement en deux grandes catégories : le copyleft fort et le copyleft faible. Alors, comment classer le Share-Alike ?

Concernant le mécanisme juridique, je ne pense pas me tromper en affirmant qu’il s’agit d’un copyleft fort puisque les obligations de licences incombent également à l’auteur de l’œuvre dérivée. Somme toute, la clause Share-Alike n’est que la partie technique pour mettre en œuvre le principe du copyleft, c’est-à-dire un mécanisme juridique qui fait que le récipiendaire bénéficie des mêmes droits et des mêmes devoirs vis-à-vis de l’œuvre.

Alors le désaccord est en fait sur le principe lui-même. En effet, l’esprit du copyleft tel qu’il a été conçu par Richard Stallman dans l’optique du Logiciel Libre, est de faire en sorte qu’un logiciel libre reste libre, afin que la communauté ne soit jamais privée de ce bien. C’est une mesure pragmatique qui garantit qu’on ne puisse que ajouter, élargir, jamais retrancher, de telle sorte que le Logiciel Libre s’accroît toujours.

On voit bien que le copyleft en tant que principe, réside dans l’idée de protection du bien pour la communauté. Alors en quoi le mécanisme Share-Alike se différencie-t-il de ce principe ?

Mon point de vue est que, si on considère le principe de copyleft au sens de protection de la communauté, la clause Share-Alike est un mécanisme de copyleft car il autorise de la valeur ajoutée aux creative commons et il empêche quiconque d’en retrancher quoi que ce soit.

La question qui demeure est donc de savoir si les œuvres culturelles ayant une clause non-commerciale font partie des biens communs ou non. Selon la définition des Œuvres culturelles libres, ces œuvres non-commerciales sont exclues du domaine des œuvres culturelles libres.

Ça, je peux le concevoir. Néanmoins, Je ne conçois pas que le copyleft puisse se restreindre au libre, puisque comme je l’ai dit un peu plus haut, son principe porte l’idée de communauté. Et d’ailleurs cette idée de communauté est sensiblement proche de la notion de biens communs.

Richard Stallman lui-même différencie les œuvres selon qu’elles soient des œuvres culturelles ou des œuvres fonctionnelles. Les logiciels sont fonctionnels. La plupart des œuvres concernées par les licences creative commons sont, elles, des œuvres culturelles : textes, opinions, photographies, morceaux musicaux, etc.

Cette distinction est importante. En effet un logiciel étant fonctionnel, s’il a une clause non-commerciale, il est définitivement inaccessible à une bonne partie de la communauté, puisque le fonctionnel est lié à l’économie, à la production.

En revanche, les œuvres culturelles ne sont pas forcément liées à cela il me semble. Je ne vois pas en quoi une clause non-commerciale enlève à une œuvre culturelle sa qualité de bien commun, bien de la communauté. La clause Share-Alike fait donc en sorte que le bien de la communauté, reste à la communauté. C’est là toute la définition du principe de copyleft.

Alors après, si on se soucie de nomenclature juridique et qu’on fait abstraction de la différence œuvre culturelle / œuvre fonctionnelle, on peut arriver à quelque chose comme ça :

copyleft


Pour résumer. Je ne nie pas que les œuvres culturelles utilisant une clause non commerciale ne sont pas des œuvres culturelles libres. Je dis juste que les œuvres culturelles qu’on a le droit de modifier font parties des biens communs et que, dans le cadre des œuvres culturelles, une clause non commerciale n’est pas une atteinte à la communauté et que par conséquent, une œuvre culturelle publiée sous CC BY NC SA est protégée par un copyleft, dans le sens où l’objectif du copyleft est de protéger l’œuvre pour qu’elle reste accessible à la communauté.

Pour faire une analogie avec le copyleft dans le domaine des logiciels libres :

  • un logiciel libre et sous copyleft exclut de facto toute utilisation en inadéquation avec les principes du logiciel libre. C’est-à-dire qu’on ne peut pas faire du logiciel libre un logiciel propriétaire.
  • Dans le domaine culturel, une œuvre non commerciale sous copyleft exclut de facto toute utilisation commerciale.

Si je dis cela, c’est bien parce que, même si je ne prône pas l’utilisation de clause non commerciale pour les œuvres culturelles, je pense qu’elles auront une part importante à jouer, notamment au regard de la distribution des œuvres culturelles sur Internet, qui reste un enjeu de société considérable, et pour lequel certains proposent une « contribution créative » en échange du droit à échanger des œuvres de façon désintéressée, non commerciale.

Mais que fait la police ? par Le Tigre

À propos du Tigre : Le Tigre est une revue assez particulière, teintée d’ironie et d’une certaine dose d’esprit qui fait souvent défaut dans les magazines. Leurs articles sont disponibles à la fois en version papier mais aussi sur le site Web. De plus, je viens de m’apercevoir que tout cela est fait entièrement avec des logiciels libres et que les articles sont publiés sous une licence qui autorise la diffusion et la modification du contenu ! Donc voici un petit article qu’il m’a semblé important de partager.

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Qu’est-ce qu’un Logiciel Libre ? expliqué sur Canal+

Vendredi, La matinale de Canal+ consacrait une chronique au Logiciel Libre, à l’occasion de la publication de la biographie de Richard Stallman en français. L’introduction est simple et détaillée et évite tous les écueils habituels des médias sur le sujet :)

Téléchargez la vidéo (.ogg)pour iPod (.m4v)Transcription de la chronique

© 2010 Canal+, La Matinale, Emmanuelle Talon

Gnome³ pour mieux gérer vos activités

Pour une fois, je nous vous épargnerai pas cher lecteur d’un billet très centré geek. Enfin, pas tant que ça parce que je ne vais pas parler de gadget ou de joujou, mais de quelques applications qui sont apparues ces derniers temps et qui, mises ensemble, sont d’une efficacité re-dou-table ! Tout ça est encore en développement, mais c’est prometteur.

Il s’agit de trois projets Gnome : Hamster, Getting Things Gnome (GTG), et Gnome Activity Journal (basé sur Zeitgeist).

À quoi ça sert, tout ça ?

  • Hamster est un système de suivi chronologique, qui aide à tracer ses activités, pour savoir comment vous avez utilisé votre temps. Concrètement, à chaque fois que vous démarrez une activité, vous changer votre statut d’activité dans Hamster. Ainsi après vous aurez accès à vos statistiques : combien de temps vous avez passé sur tel ou tel projet, qu’est-ce que vous avez fait exactement, à quelles heures êtes vous le plus actif/productif, etc. Ça ressemble à ça (plus de captures d’écran sur le site) :

    main

    Hamster s’accroche à votre panel Gnome. Lorsque vous démarrez une activité, vous cliquez sur l’applet, ce menu apparaît et vous renseignez les détails. Par exemple, « Démonstration @Blog » où Blog est une étiquette (ou tag).

    statistics

    Voici un aperçu des statistiques que Hamster peut renseigner sur vous. On peut voir par exemple que le bonhomme est moins productif le vendredi. Mais le plus intéressant c’est d’aller dans les détails. En tout cas, mes statistiques sont intéressantes (mais je vous les montrerais pas, j’ai pas envie de montrer tout ce que je fais !)

  • Getting Things Gnome est un logiciel pour organiser vos tâches efficacement. Inspiré par la méthode GTD, il est simple et intuitif. Vous organisez vos tâches avec des tags, vous avez des systèmes de couleurs, une « vue de travail » qui permet de voir d’un coup d’œil quelles tâches vous pouvez faire directement, etc. Vos tâches sont donc organisées par activité (par ex. Travail, Loisir), par dates et en sous-tâches.

    Ce qui est très sympa aussi, c’est l’extension pour Hamster. Ça ressemble à ça :

    Vidéo format .ogg / Captures d’écran

  • Enfin Gnome Activity Journal (ou Journal d’activité Gnome) a un concept simple : parcourir vos fichiers chronologiquement. C’est à dire qu’au lieu d’être organisés par dossiers, vos fichiers sont organisés par date à laquelle vous y avez accédés. L’image parle d’elle-même

    zeitgeist

Alors, pourquoi tout cela est-il intéressant ? Parce que les trois mis ensemble, vous obtenez un système complet de suivi et de gestion de votre temps d’activité. Alors, tout ça n’est pas encore parfait. Il faudrait encore que les trois soient bien combinés. Par exemple, il faudrait que les activités de Hamster apparaissent également sur le Journal d’activité Gnome, pour qu’on puisse voir exactement à quelle tâche tels ou tels fichiers ont été utilisés.

Par exemple, pendant que j’écrivais ce petit billet, j’ai pu voir que ça m’a pris pratiquement une heure (oui enfin faut dire je lisais pleins de trucs en même temps), je vois aussi quels fichiers j’ai utilisé (images et vidéos en l’occurrence), etc.

Sur un travail de longue haleine, pour un projet de long terme, je suis sûr que tous ces outils seront d’une aide précieuse pour bien s’organiser. Maintenant voyons comment installer tout ça.

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Internet, révolution culturelle (Manière de voir, Le Monde Diplomatique)

Internet, révolution culturelle (Manière de voir)
Alors que beaucoup d’autres journaux réussissent à s’illustrer dans la médiocrité et le corporatisme dès lors qu’il s’agit d’aborder le débat de fond sur Internet (dernier exemple en date, deux éditoriaux du Monde et de Libération sur les conclusions du rapport Zelnick); c’est toujours avec grand plaisir que je lis les articles du Monde Diplomatique, pas si diplomatique que ça puisqu’il aborde les questions sans détours.

Toujours à la pointe d’une certaine forme de journalisme qui tend à disparaître, paraîtra en février une édition de Manière de voir consacrée à Internet. Ce sera donc l’occasion de relire quelques articles parus précédemment, disponibles en intégralité sur le site Web du Diplo : Wikipédia ou la fin de l’expertise, La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google, ou encore Les « bidouilleurs » de la société de l’information par Jean-Marc Manach.

Le sommaire est accessible, ici. Enfin, pour accéder à l’intégralité de articles du Diplo sur le sujet : tag Internet.

Dans les reproches adressés à Internet, on décèle souvent autre chose qu’une inquiétude légitime devant les modes d’acquisition du savoir et de transmission de l’information : l’effroi que le magistère de quelques barons du commentaire touche à son terme. [...] Mais un jour, des sans-culottes ont débarqué avec leurs claviers…

Extrait de l’article, Notre Combat, par Serge Halimi.