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Internet Actu : Dans le futur, chacun aura le droit à son quart d’heure d’anonymat

Par Jean-Marc Manach, journaliste au Monde Diplomatique, sur InternetActu et blogueur invité chez Le Monde. Article sous licence cc by nc.

Google, Facebook et consorts sont à la libération de la parole publique ce que l’industrie du sexe fut à la libération sexuelle : une façon d’exploiter et de faire commerce d’une nouvelle liberté, mais, et dans le même temps, l’un des vecteurs de banalisation, et donc de diffusion, de cette libération.

L’explosion du web, dans les années 90, fut intimement liée au phénomène des “pages persos” (”homepage“, en anglais) que, avec l’expansion des blogs et du web 2.0, les professionnels qualifient aujourd’hui d’”User Generated Content” (UGC).

Ce n’est qu’ensuite, et dans un troisième temps, que le commerce électronique, et les services en ligne, ont attiré le chaland, comme le rappelait récemment Arno*, co-auteur, avec le minirézo (réseau informel de défense de la liberté d’expression, créé en 1996), d’un “manifeste du web indépendant“, pour qui “cette possibilité d’exercer réelle­ment et à grande échelle leur liberté d’expression publique est la réelle innovation apportée par le Web et l’internet” :

“En décembre 2000, on dénombrait en France environ 3 millions d’internautes « assi­dus », et… 1,5 million de pages personnelles. Alors que seul le web marchand faisait l’actualité.

On est donc confronté à un phénomène énorme, un comportement que l’on ne peut occulter. Le citoyen, sur l’internet, n’est pas un consommateur passif : jamais l’expression publique des citoyens n’a été aussi massive.”

Depuis, les blogs et réseaux sociaux ont eux aussi droit de cité, mais les internautes se retrouvent de plus en plus souvent vent debout contre ceux-là mêmes qui leur permettent, soit de s’exprimer, soit d’être entendus. Il suffit en effet qu’un Google ou un Facebook retouche d’un iota leur façon de gérer les données personnelles de leurs utilisateurs, et la curée, le scandale, est mondial.

On est au coeur du paradoxe de la vie privée : d’un côté, les internautes ne cessent de s’exprimer sur le Net, de l’autre, ils ont une peur bleue des conséquences que cela peut avoir pour leur propre vie privée.

De même que le sexe ne se réduit pas à des atteintes aux bonnes moeurs, non plus qu’à de la pornographie, ou de la prostitution, le fait de s’exprimer sur le Net ne se réduit pas au commerce des données personnelles, à de l’exhibitionnisme pas plus qu’à des atteintes à la vie privée.

On n’a jamais eu autant besoin de vie privée

Prenons le problème par la racine, à savoir les adolescents, cette génération dite des “natifs du numérique” parce qu’ils ont tout le temps grandi avec, sinon dedans. On entend souvent dire d’eux qu’ils n’auraient plus de notion de vie privée, qu’elle serait dépassée. C’est doublement inexact.

D’une part parce que, dans toute l’histoire de l’humanité, on n’avait jamais autant débattu de cette notion de “vie privée” que ces dernières années. D’autre part parce que les adolescents en particulier, et les internautes en général, font précisément grand cas de leur vie privée, même s’ils en ont une conception quelque peu différente de ceux qui n’ont pas grandi avec Google, Facebook, MySpace et MSN.

Comme le souligne danah boyd, chercheuse ès médias sociaux, “la vie privée n’est pas une technologie binaire que l’on peut allumer ou éteindre” :

“La vie privée renvoie au fait de pouvoir contrôler la situation, de pouvoir contrôler quelle information va où, et d’avoir la possibilité d’en réajuster le flux de manière appropriée lorsque l’information déborde ou va trop loin. Les gens se préoccupent de leur vie privée parce qu’ils ont peur d’en perdre le contrôle.”

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La fin de la vie privée sur facebook

Enfin ! la vie privée devient sujets d’actualité et d’inquiétudes, dans un monde où chacun est suivi continuellement par des entreprises et par l’État. Avec une interconnexion croissante et l’échange d’information par les réseaux qui s’étend, nous pouvons potentiellement partager avec le monde entier, en toute transparence et instantanément, nos moindres faits et gestes. Internet étire désormais sa toile jusque dans nos téléphones portables.

Alors, forcément, ça crée des ruptures. Les conséquences se font sentir au-delà de la technologie, ce sont nos comportements qui changent. Aujourd’hui, on a tendance à tout partager, à tout montrer, à tout publier. Il semble que ma génération ait surpassé un certain complexe de la vie privée, de l’intimité.

Est-ce vraiment le cas ?

Peut être pas, car en dépit de ces nouvelles pratiques sociales sur le Web, la vie privée reste au centre des préoccupations. Les récents débats sur le droit à l’oubli révèlent que l’on commence à se poser des questions sérieuses sur l’avenir de ces données que nous « laissons traîner » volontairement sur Internet.

picture, big brother

Facebook, big brother ?

Ainsi, beaucoup s’insurgent contre la nouvelle politique de Facebook concernant la confidentialité. Mark Zuckerberg, fondateur et dirigeant de Facebook, vient même de déclarer

The Age of Privacy is Over
ReadWriteWeb

Alors, sur Facebook, point de vie privée. Tout est public. Moi, je jubile. C’est une très bonne nouvelle, mais beaucoup ne pensent pas comme moi.

Remettons-nous donc un peu dans le contexte. Début décembre, Facebook met à jour les options de vie privée, avec des nouveaux paramètres, par défaut largement moins “protecteurs vis-à-vis de la vie privée”. C’est-à-dire que beaucoup de choses qui auparavant étaient accessibles uniquement à un cercle restreint de relations (votre « liste d’amis »), se trouvent à la portée de tous. Quand on sait que la grande majorité des gens utilisent les paramètres par défaut, il y a de quoi se fâcher. Car en effet, une quantité phénomènale de données et d’informations qui étaient sur Facebook mais qui étaient destinées à rester privées, est soudainement rendue publique. Même les photos personnelles de Mark Zuckerberg étaient désormais accessibles à tous (et certainement pas par maladresse). Avec les nouveaux paramètres, notamment avec le « partage avec les amis d’amis », potentiellement tout ce qui est sur votre profil est visible par n’importe qui.

Oui, ça veut dire les photos de soirées que vous avez publiées, maintenant votre patron, votre professeur ou votre oncle les verront.

Alors comment en est-on arrivé là ? Qu’est-ce qui explique ce changement brutal ? Comment s’en sortir ?

La première erreur, ça a été de considérer en premier lieu qu’on pouvait parler de vie privée. Kaliya Hamlin se demandait : Peut-on encore parler de vie privée sur Facebook ?

Facebook est principalement un outil de partage. La grande différence avec d’autres outils de partage, comme Youtube qui partage des vidéos, c’est que le partage est focalisé non sur le contenu mais sur les individus. La façon dont s’y organisent les flux se focalise moins sur ce qui est dit que sur celui qui le dit et ceux à qui le message est destiné.

Néanmoins, cela ne change pas le fait que le contenu qui est partagé, est publié. Comme lorsque vous publiez une vidéo sur Youtube, ce que vous publiez sur Facebook est public. Alors à partir de là, toutes les discussions sur la vie privée ou sur la protection des données, est illusoire, contradictoire et un peu ridicule.

Par conséquent, certains ont parlé de trahison. Facebook aurait en quelque sorte rompu un accord tacite qu’il avait avec ses utilisateurs. En effet, beaucoup de personnes ont commencé à utiliser Facebook en pensant que c’était un outil, non pas de publication, mais un outil pour communiquer avec des personnes proches, des amis, ou les membres d’un réseau relativement restreint. Dans l’esprit de départ, effectivement, c’était un peu ça, car il s’agissait essentiellement d’un réseau d’étudiants. Donc la sensibilité des données était moindre. Vos photos de soirées étudiantes, au final cela vous importe peu que tous les autres étudiants de votre université puissent les voir, puisque de toute façon ils y étaient certainement.

Alors qu’est-ce qui explique ce changement brutal ? Eh bien, cela vient du fait que vous ne contrôlez pas Facebook. C’est un site web avec, derrière, des intérêts commerciaux. D’ailleurs, il n’y a pas forcément des gens sans arrières pensées et la motivation va au-delà de la simple recherche de profit… Ce qu’il faut retenir, c’est que les gens qui ont utilisé Facebook dans une optique compatible avec le respect de leur vie privée, se sont trompés. Techniquement, la vie privée a besoin d’un certain nombre d’encadrements que la loi notamment est là pour faire respecter. Par exemple, la loi française protège la correspondance privée. C’est-à-dire que ce que vous échangez par courrier ou par email, relève de la correspondance privée et que par conséquent ni La Poste, ni votre fournisseur de messagerie, n’ont le droit de violer cette correspondance. Plus précisément, ils n’ont pas le droit de lire vos courriers et ils n’ont pas le droit de les modifier. D’ailleurs, pourquoi mettez-vous une enveloppe lorsque vous envoyez une lettre ? C’est là une mesure technique que vous prenez, afin de protéger votre correspondance privée.

Sur Internet, les même règles s’appliquent. La loi s’applique également. Mais le problème, c’est que tout le monde a oublié de prendre les précautions techniques qui s’imposaient pour protéger sa vie privée. Pourquoi personne n’utilise « d’enveloppe » virtuelle pour ses courriers électroniques ? Vous rendez-vous compte que chaque email que vous envoyez peut potentiellement être lu par de multiples intermédiaires ? Il existe des précautions techniques que vous pouvez prendre.

Sur Facebook, ces précautions techniques pouvaient exister. Mais elles étaient illusoires. Puisque vous ne les contrôlez pas. En effet, les données publiées sur votre profil sont stockées sur des serveurs aux États-Unis. D’ailleurs quand vous supprimez une photographie qui était sur Facebook, il s’avère que le temps écoulé entre votre demande et le moment où la photo est effectivement supprimée est très long. Le fait est que vous n’avez aucun moyen de le vérifier. Confier la protection de votre vie privée à des paramètres informatiques que vous ne contrôlez pas, et qui sont contrôlés par une entreprise dont le business se base sur vos données, cela n’a pas de sens. Vous ne pouvez pas faire confiance à Facebook pour le respect de votre vie privée.

C’est pourquoi, si on continue à penser qu’il peut y être question de vie privée, on continue à être dans l’erreur et à se confronter potentiellement à des problèmes à chaque fois que Facebook décidera d’appliquer des changements à la politique de confidentialité, ou aux conditions d’utilisation, etc.

picture, big brother

unknown

C’est d’autant plus probable, que Facebook cherche à faire de l’argent, et n’y est pas encore parvenu. Mon sentiment là-dessus est que Facebook doit s’ouvrir encore un peu plus, aller davantage vers le tout public, en sorte il faut que Facebook se rapproche de Twitter s’il veut capter plus d’information, plus d’audience, plus de pertinence, plus de contenu… et donc certainement plus de revenus publicitaires.

D’autre part, cette préoccupation soudaine pour la vie privée m’apparaît bien ridicule pour deux raisons. La première est que si à cette heure, il fallait dresser un bilan des menaces de notre vie privée, je ne placerais certainement pas Facebook en priorité… Il y a le fichage des citoyens (parfois illégal) par l’État, et quant au profilage des consommateurs, je pense que votre banque peut en connaître un rayon sur vous rien qu’avec votre carte bleue. La deuxième raison, c’est que cette inquiétude soudaine est en totale inadéquation avec les comportements. Supposons que par défaut, vos publications sur Facebook restent accessibles uniquement à vos « amis ». Étant donné que la plupart des personnes qui utilisent fréquemment Facebook ont au minimum 150 amis, on ne peut pas vraiment parler d’informations privées.

Alors pour terminer, comment s’en sortir ? Mon conseil c’est de toujours bien garder à l’esprit que ce qu’on publie est public et que sur Internet, tout ce que vous ne contrôlez pas, est définitivement hors de votre portée. Le réseau n’oubliera rien. Il faut apprendre à maîtriser ce que l’on publie, et surtout garder ce qui est intime hors du Web public. Il n’est pas impossible de partager vos photos avec vos amis. Vous n’êtes pas obligés de passer par Facebook pour cela. Vous pouvez envoyer ces photos par pièce jointe par mail, vous pouvez les envoyer par votre messagerie instantanée (avec Jabber de préférence).

Et il faut accepter les règles du jeu. Entrer sur un réseau social de publication à la Facebook, Twitter, Identi.ca, c’est accepter de devenir un individu à l’intérieur de ce système, qui comme tout objet social, peut faire l’étude d’analyse, voire intéresser des entreprises pour y faire du marketing. C’est un espace public, votre vie privée n’a rien à y faire. Acceptez les règles du jeu, poussez-vos paramètres vers toujours davantage de publicité et vous verrez, vous profiterez pleinement de Facebook.


This log was also translated in English and published on my blog at Free Software Foundation Europe.

Oublions vite cette mauvaise idée

L’atelier sur le droit à l’oubli et sa proposition de loi attachée ont commencé à créer le débat sur le Web et dans les médias. Évidemment, je n’ai pas pu assister à l’atelier (mais j’attends bien le compte-rendu de mes camarades de Libertés Numériques !) mais j’ai pu en suivre la trame grâce aux personnes présentes dans la salle qui lâchaient leurs commentaires sur twitter et sur identi.ca.

Ça confirmait ce que je pensais. Ce droit à l’oubli est une mauvaise idée, à côté de la plaque, qui créera plus de problèmes qu’elle n’en résoudrait. D’ailleurs le débat était effectivement mal posé et beaucoup de questions m’ont semblé totalement incompréhensibles et hors-sujet.

nk_m:
#oubli. Question de la salle a Google: « moi je voudrais surtout pouvoir effacer mon nom du moteur de recherche ». 10:37 AM Nov 12th

La solution est simple pourtant… Ne jamais perdre le contrôle de ce qu’on publie. Si cette personne veut pouvoir continuer à utiliser Internet pour communiquer tout en préservant un niveau d’intimité maximal (donc être épargné par les recherches Google), elle n’a qu’à utiliser des moyens privés et personnels (sa messagerie instantanée décentralisée, son serveur de courrier électronique) et lorsqu’elle publie quelque chose sur le Web, le faire sur son propre site en précisant que Google ne doit pas le référencer (c’est faisable facilement avec une balise http meta à l’indication des robots qui indexent les pages).

Malheureusement je soupçonne cette personne, s’il s’agit d’un étudiant, de vouloir être supprimée des résultats de Google, parce qu’une recherche avec son nom envoie vers… son compte facebook.

Bref, j’espère que cette mauvaise idée sera très vite oubliée et qu’à la place, on se concentrera sur la réflexion pour

  • améliorer le cadre législatif déjà établi (loi informatique et liberté) notamment au niveau européen
  • éduquer les gens avec l’utilisation du Web et sensibiliser sur l’importance du contrôle de ses données (autant que du contrôle de son logiciel). Et pour ça, le logiciel libre a des qualités indéniables.

Enfin, plutôt que de blâmer Google, n’est-il pas plus intelligent de se demander ce que fait un cadre de Microsoft à une conférence consacrée à la protection des données personnelles ? Un élément de réponse en image où Microsoft informe que “des informations personnelles seront peut-être accidentellement envoyées”.

Le « droit à l’oubli » est-il possible sur le réseau ?

Jeudi matin se tiendra dans à SciencesPo un atelier présenté par Nathalie Kosciusko-Morizet qui questionnera l’idée d’un droit à l’oubli sur Internet, alors que deux sénateurs viennent de déposer une proposition de loi.

Avec l’essor des réseaux sociaux, on peut publier et partager ses informations de plus en plus facilement sur le Web, y compris des données personnelles : photos de vacances, vidéo de la dernière soirée, situation amoureuse, opinions…

Cela provoque plusieurs interrogations, notamment quant à l’utilisation de ces données par les sites Web. À ce titre, le tollé qu’ont suscité les modifications des conditions d’utilisation de facebook a posé le problème de la légalité du service vis-à-vis de la problématique de l’utilisation commerciale et de la conservation des données (réglementée en France par la loi informatique et libertés, que la CNIL se charge d’appliquer).

À l’évidence, étant donné le caractère personnel des informations recueillies, savoir quel est leur devenir est crucial. Difficile d’assumer face à son employeur l’activité du profil facebook recensée quelques années auparavant quand on était étudiant. Dans cette situation, le droit à l’oubli permettrait de faire supprimer ces données indésirables, un peu comme par magie (ou comme le « trou de mémoire » de 1984).

Le programme de l’atelier pose la question,

Existe-t-il des solutions techniques permettant de faire table rase de son passé numérique ?

Malheureusement, je dois avouer que je vois mal comment un tel droit à l’oubli pourrait fonctionner concrètement. D’une part, la pratique est déjà réglementée par la loi informatique et libertés. Nous avons déjà des droits que nous pouvons exercer sur la détention de ces données. Qu’apporterai un droit à l’oubli supplémentaire ?

D’autre part, la notion d’oubli numérique n’est-elle pas simplement utopique, le réseau peut-il oublier ? Je pense que non. C’est pourquoi il n’existe pas de solutions techniques pour faire table rase de son passé numérique. La magie ne se trouve pas de ce côté là. Il semble donc que le droit à l’oubli se trouve à la fois dans une impasse législative et une impasse technique.

En fait je pense que le problème est mal posé. Car si déjà la loi en vigueur pouvait être appliquée convenablement pour éviter le fichage illégal ou abusif (que ce soit par des sites web, des entreprises privées ou publiques, ou par l’État), une partie des inquiétudes quant aux « traces » disparaitrait.

Le contrôle des données

Pour autant, je ne dirai pas que la vie privée est un problème de vieux cons.

Il est souhaitable que les citoyens puissent être en mesure de savoir quelles informations les concernant sont détenues et quelle est leur utilisation. Cela est déjà garanti.

Le problème alors est que chacun ne peut avoir que très peu d’influence sur la manière dont le contrôle est exercé sur ses propres données. Lorsqu’on s’inscrit à facebook, on doit nécessairement accepter les règles du jeu proposées par facebook. Et si on les refuse, on s’exclut du réseau facebook. Le contrôle qu’exerce facebook sur les données personnelles – tant qu’il reste dans le cadre de la légalité – dépend entièrement du bon vouloir de facebook.

Si demain facebook change ses conditions d’utilisation, ses dizaines de millions d’utilisateurs seront-ils prêts à quitter le réseau et à perdre toutes les données qu’ils y ont publié ? Au fur et à mesure, facebook détient de plus en plus de photos, mais aussi des flux, des connexions qui lient les utilisateurs et énormément d’autres données de valeur aux yeux de l’utilisateur.

Mais même sans imaginer cette hypothèse, dans l’état actuel des choses, comment s’exerce le contrôle ? Il est totalement central et géré par facebook. D’ailleurs, quand vous voulez oublier une information publiée sur facebook et que vous cliquez sur « Supprimer », qu’est-ce qui prouve que l’information a effectivement était supprimée des serveurs de facebook et de ses bases de données ? Il apparaît au contraire qu’une photographie supprimée sur facebook est gardée par facebook.

Quelle solution ?

Il faut que chacun prenne en main le contrôle de ses propres données et saisisse la différence entre ce qui est privé sur le réseau, et ce qui est public.

Ce qui est à caractère personnel sur le réseau, ce qui relève de la vie privée, n’a pas vocation à être publié. Si on veut partager quelque chose de cette nature sur le réseau, il faut impérativement le faire tout en gardant le contrôle de ses données.

Lorsqu’on envoie ses photos de soirées par email à ses amis, les photos sont stockées sur son ordinateur et sur l’ordinateur des destinataires. Éventuellement, ils peuvent utiliser un serveur de messagerie en ligne, mais leur contrôle sur les données est ultime (notamment parce que la correspondance privée est très protégée).

Mais sur un site comme facebook, on ne peut pas considérer qu’il s’agit de correspondance privée car c’est un site essentiellement public – même s’il faut s’y inscrire et même si on peut avoir des options de restrictions de publication. Ainsi, si je poste ces mêmes photos de soirées sur facebook pour que mes amis puissent les voir, je ne peux pas me plaindre si trois ans après elles me causent un tort. Ce ne sera pas la faute de facebook, ce ne sera pas non plus la faute à Internet.

La solution est donc de privilégier des outils avec lesquels chacun garde le contrôle de ses données personnelles. C’est impossible avec des services Minitel 2.0.