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Conférence : Qu’est ce qu’Internet ? Impacts sur la société, conséquences politiques

Ce soir, l’association Libertés Numériques conclut son cycle de trois conférences données par Benjamin Bayart sur le thème « Qu’est-ce qu’Internet ? »

Cette semaine, l’objectif est de conclure sur les impact sociétaux d’internet, ses conséquences politiques de manière interactive avec des invités. Neutralité du Net, Impact politique de la centralisation d’internet, impact politique du poids de Google et Facebook. Autant de questions abordées ce soir.

L’entrée est libre !

Date: mardi 4 mai
Heure: 19h15
Lieu: Sciences Po, amphi Albert Caquot, 28 rue des Saints Pères, Paris

Pourquoi je n’utiliserai plus Facebook

Jusqu’à présent, Facebook était un « réseau social » qui permettait à ses utilisateurs de se relier entre eux en « devenant amis » pour ainsi partager et publier des informations, des liens et des contenus. Certes, si on publiait sa vie privée sur facebook, on pouvait se mordre les doigts et commencer à se poser des questions : « ma vie privée est-elle menacée par facebook ? », « faut-il instaurer un droit à l’oubli pour protéger les jeunes de leur utilisation de facebook ? »

J’ai déjà décris ce que j’en pensais. Souvent les questions qu’on se posait vis-à-vis de facebook était mal fondées, et reposaient surtout sur un manque de connaissance des technologies sous-jacentes, à savoir principalement le Web, et d’une incompréhension des pratiques sociales, à savoir la notion de « vie privée » ou de privacy en anglais, et sa perception.

Jusque-là, d’après mon observation de l’intérieur de ce « réseau », j’ai trouvé qu’il n’y avait pas grand mal à y être inscrit, car c’est un important média qui m’a permis de partager quotidiennement des liens, ainsi que les articles de ce blog, à plus de cent personnes à chaque fois. En revanche, ne pas être inscrit à facebook représentait des désagréments nombreux: ne pas être tenu au courant des évènements (à Sciences Po, facebook est très utilisé pour l’organisation des conférences, etc.), l’impossibilité de communiquer avec les autres (car le chat de facebook est très utilisé et ne permet de se connecter qu’entre utilisateurs du réseau), ne pas accéder à cette base de données somme toute bien pratique (retrouver un numéro de téléphone, une adresse email, ou bien une connaissance). D’autre part avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et l’effet réseau, avec en plus la pression sociale, il me semblait idiot de renoncer à tout ça juste parce que facebook était un réseau centralisé (on appelle ça le Minitel 2.0 si vous ne savez pas).

En somme, le calcul avantages moins les inconvénients était supérieur à zéro, surtout si, comme moi, on est soucieux de garder le contrôle de sa vie privée et que donc on n’a ni souscrit, ni publié tout et n’importe quoi.

Mais voilà, cette semaine, facebook a annoncé ses plans et les changements qu’ils venaient de mettre en place. Et là, la balance a totalement basculé. Il est hors de question que je continue à utiliser ce « service » et encore moins d’encourager les autres à le faire.
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Le Minitel, une si belle invention

On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s’il nous l’envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c’est qu’il ne nous l’achète pas Bruno Lussato, professeur au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), 1988.

Le problème, c’est que maintenant, on se les arrache. Et avec une pomme dessus.

It’s a fetishist’s Minitel with brushed aluminum and a touch screen. The iPad isn’t a computer

L’ACTA et la Société de l’Information, lutte de pouvoir et défi pour notre génération

Mise à jour 23/03 : Une version consolidée de l’ACTA datant du 18 janvier vient d’être révélée par la Quadrature du Net. Retrouvez le document complet en téléchargement (pdf) ici.

J’aime penser que parmi les éléments qui forgent une génération, les luttes politiques sont au premier plan. Chaque génération a ses luttes politiques, ses nouveaux enjeux, de même que chaque jeunesse a ses différends avec les générations précédentes, et ces différends ont également beaucoup à voir avec la façon dont chacun s’exprime. Ainsi, certains problèmes, formulés de façons totalement différentes, peuvent apparaître sous des angles inédits, et parfois même être surpassés.

Or, parmi les éléments qui aident à surpasser les problèmes politiques, les contextes économiques et socioculturels jouent un rôle déterminant. Mais au-delà, l’élément technologique est indéniablement primordial. D’ailleurs, le sens du mot « technologie » est lui-même vecteur de cette idée de génération. Ainsi, Alan Kay définit la technologie comme tout ce qui a été inventé après votre naissance ou bien tout ce qui ne fonctionne pas encore.

Évidemment, je ne dis rien d’extraordinaire ici… et je pense que c’est un truisme de dire que, sans le bond technologique que représente l’invention de l’imprimerie, la société de la Renaissance aurait peiné à voir le jour ; ou bien que sans les révolutions industrielles, les sociétés des XIXème et XXème siècles n’auraient pas été les mêmes, ou enfin dire que sans la télévision et la radio, nous vivrons dans un monde méconnaissable de celui qu’est le notre.

Si la technologie est tellement un vecteur de changement, c’est principalement par sa portée politique, plus précisément par les nouveaux rapports (de force) qu’elle permet d’instaurer (parfois de façon assez endogène). C’est bien pour cette raison qu’Internet, le Web et l’informatique, représentent un enjeu politique important, et amènent une ère numérique pour une société nouvelle, qu’on a tendance à nommer la société de l’information. On parle d’information, parce que ce terme représente bien ce que le numérique a de volatile et d’insaisissable.

Mais plus précisément, le bouleversement apporté par les TIC est double :

  • elles changent notre façon de nous exprimer, de créer et d’échanger (exemples : twitter, ou les blogs, qui permettent à chacun de s’exprimer et de publier à destination du monde entier et de façon persistante)
  • elles créent de l’information, partout. Tout objet est porteur d’une information, d’un élément immatériel, qu’on va traduire par des 0 et des 1. Tout est fichier disait Ken Thompson (exemples : le génome humain, qui n’est pas un code binaire mais quaternaire, l’ADN : A, C, T, G — ou encore la réalité augmentée).

La Société de l’Information, qui reste encore à venir, mais que nous construisons maintenant, est donc cette société où tout sera numérique. Le mouvement a déjà commencé avec les logiciels par exemple, alors mêmes que ceux-ci existaient bien avant l’avènement de l’informatique sur les ordinateurs (ainsi, le premier programme informatique a été écrit en 1843 par une femme, Ada Lovelace). Mais on voit déjà que cela s’étend à l’édition, la presse, la musique, la politique (voir l’initiative Regards Citoyens).

Or, il y a là un véritable enjeu de pouvoir, une lutte et un défi pour notre génération, celle qui doit construire une société de l’information qui soit aussi vecteur d’un meilleur-être. Le numérique créée un pan entier du savoir et de l’économie, sur lequel plusieurs acteurs prétendent à décider.

L’ACTA, l’accord commercial anti-contrefaçon, est un de ces textes politiques internationaux qui changent le monde, celui d’une génération contre une autre.

Ce mois-ci, Le Monde Diplomatique posait cette question en première page : La propriété intellectuelle est-elle le pétrole du XXIe siècle ?

J’aime beaucoup cette analogie. Comme le pétrole, la propriété intellectuelle est vouée à disparaître. Comme le pétrole, ses effets néfastes sur notre écologie (intellectuelle) sont décriés chaque jour, et comme le pétrole, la propriété intellectuelle créée des guerres nouvelles, parce qu’il est moteur d’activité économique et de profits pour certains.

Si la guerre économique est en place depuis des décennies, par exemple sur les logiciels où elle prend la forme du combat entres les logiciels libres et les logiciels privateurs – la guerre politique est elle en train de se mettre en place avec l’ACTA au niveau mondial.
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Et si la loi venait en renfort de l’Internet Libre ?

Ce qu’on appelle l’Internet Libre, c’est cette vision du réseau restée fidèle à l’esprit fondateur d’Internet – une vision intimement liée à celle du Logiciel Libre. Un idéal mis à mal par certaines évolutions des pratiques et une évolution technique vers davantage de centralisation, donc à l’opposé du fonctionnement même d’Internet, où chacun est acteur (récepteur et émetteur, client et serveur). On dit que l’intelligence est à la périphérie, elle n’est pas dans le réseau et, niveau contrôle, niveau pouvoir, cela change tout.

Dans un Internet Libre, le pouvoir reste au niveau de l’utilisateur, du citoyen. Dans un Internet dénaturé, sorte de Minitel 2.0, le pouvoir s’accumule aux mains de quelques uns, qui deviennent de facto plus importants que les autres sur le réseau. Cela signifie aussi que le contrôle par l’État est rendu facile par la diminution du nombre d’acteurs à contrôler (un peu comme cela se passe avec Microsoft, une fenêtre ouverte à l’État pour mieux surveiller).

Cette mission, de préserver un Internet Libre, c’est un peu celle que s’est donnée FDN, le plus ancien fournisseur d’accès à Internet. FDN, French Data Network, est une association, où chacun est en quelque sorte son propre FAI. Son président, Benjamin Bayart, a par exemple expliqué plus en détails ces aspects dans la conférence Internet libre, ou Minitel 2.0 ? Voilà pour le petit rappel du contexte pour savoir l’enjeu.

Ce dont je veux vous parler ici concerne le Web, sur lequel chacun peut désormais publier facilement. De la même façon, si on garde l’esprit d’Internet, chacun devrait publier sur le Web sur son propre site, avec ses propres moyens (et ainsi garder le contrôle) plutôt que faire appel à une autre personne (ou à une autre entreprise).

Malheureusement; là aussi les choses ne se passent pas de la même manière et on a également un mouvement vers plus de centralisation. À cet égard, des infrastructures comme Facebook sont effarantes. Plusieurs centaines de millions d’utilisateurs écrivent et publient chaque jour – en perdant complètement ou presque le contrôle de leurs données et publications. La conséquence au niveau d’Internet est immédiate : au lieu d’être acteur par soi-même, toutes ces personnes actives (car elles publient) perdent une partie de leur autonomie, donnée à Facebook. La même chose se produit sur les plateformes de blog ou de vidéos.

D’un côté, nous sommes de plus en plus nombreux à publier sur Internet – prenant ainsi la mesure de notre capacité d’expression devenue si grande grâce au Web, mais de l’autre nous sommes très nombreux à ne même pas contrôler tout ce que nous publions.

Si on regarde de l’autre côté du miroir, nous avons donc quelques acteurs qui concentrent la grande majorité des publications et qui ont donc tout le contrôle qui repose sur leurs épaules. Évidemment, ces acteurs ne le font pas par charité, mais bien évidemment parce qu’ils y ont un intérêt commercial.

Or, que vient faire la loi dans tout ça ? La loi est là pour rappeler les responsabilités de chacun. Quand je publie quelque chose sur ce blog. Je suis responsable de ce contenu, parce que non seulement je l’ai écrit, mais parce que j’ai tout le contrôle dessus. Par ailleurs, comme j’y autorise les commentaires – non pas par altruisme mais parce que c’est dans mon intérêt de pouvoir discuter de ce que j’écris avec les autres – c’est aussi de mon devoir de faire en sorte que mon blog ne serve pas à enfreindre la loi (diffamations etc.). Chaque blogueur a ses responsabilités.

Or comme nous le voyons, à force de vouloir concentrer la majeure partie du pouvoir et du contrôle aux mains de quelques uns, on concentre aussi les responsabilités. Et là, la loi peut faire beaucoup de mal.

En Italie récemment, des juges ont condamné Google pour sa part de responsabilité dans la mise en ligne d’une vidéo. La vidéo mettait en scène des jeunes tabassant une personne. Le contenu était litigieux. La police a demandé à Google de retirer la vidéo, ce qu’ils ont fait. Mais pour autant les juges n’ont pas épargné leur responsabilité. Pour Google, il s’agit d’une menace très sérieuse au Web et à la liberté d’expression.

J’ai l’impression de me retrouver un peu avec le problème de la presse vis-à-vis du Web. L’industrie de la presse crie partout qu’elle est garante d’une certaine pluralité des opinions et des expressions, et que leurs problèmes financiers (pas forcément dus au Web) sont un danger pour la démocratie.

« Cette dernière dispose d’un atout de poids dans le débat public. Quand elle juge son existence menacée, elle sonne le tocsin plus facilement qu’un ouvrier dont l’usine s’apprêterait à fermer. Et pour rallier chacun à son étendard, elle n’a qu’à prononcer la formule rituelle : « Un journal qui disparaît, c’est un peu de démocratie qui meurt. » L’énoncé est pourtant absurde, burlesque même. Se rendre à un kiosque suffit pour constater que des dizaines de titres pourraient cesser d’exister sans que la démocratie en pâtisse. Les forces de l’ordre idéologique perdraient même dans l’affaire quelques-uns de leurs commissariats. Cela ne rend pas illégitimes les inquiétudes des journalistes concernés. Mais des milliards de gens sur terre n’ont nul besoin pour défendre leur emploi de lui inventer d’autre vertu que celle de leur procurer un salaire. »
« Notre combat », Serge Halimi, Le Monde Diplomatique, Octobre 2009.

La situation est assez analogue. Google, via YouTube, permet à chacun de pouvoir publier des vidéos (ce que chacun peut déjà faire lui-même à partir du moment où il est connecté à Internet) – donc il pèse dans la balance et se montre comme un puissant canal de liberté d’expression. Mais en même temps, ne nous voilons pas la face, YouTube est une vraie manne financière et commerciale. Derrière le slogan de Google, “Don’t be Evil” il y a des bénéfices faramineux.

C’est là que la récente décision judiciaire en Italie est intéressante et rappelle que la liberté d’expression ne va pas indépendamment des responsabilités qui incombent à chacun de respecter la loi. Et d’ailleurs, cette décision en Italie vient d’être renforcée par un arrêt français dont parlait Authueil :

« L’arrêt de la cour de Cassation du 14 janvier 2010, dit « arrêt tiscali » agite beaucoup le petit monde d’internet. Je crois que certains partent dans la mauvaise direction (parfois en toute mauvaise foi) en criant à la censure et à l’atteinte à la liberté d’expression.

Ce que dit cet arrêt, c’est qu’à partir du moment où on gagne de l’argent grâce aux contenus produits par les utilisateurs, il est normal que l’on soit aussi responsable juridiquement de ces contenus. Trop facile de prendre les avantages (le pognon) et de refuser les inconvénients (la responsabilité juridique). Un hébergeur, c’est celui qui héberge, c’est à dire qui assure le « stockage direct et permanent de données ». Ses revenus doivent relever de cette activité et d’elle seule. A partir du moment où il met de la publicité dont l’audience (et donc le niveau de revenus) dépend des contenus, il exerce une autre activité que celle d’hébergeur. Logique et imparable. »

On peut relever la même chose pour Google, comme l’explique Marc Rotenberg de l’EPIC (Electronic Privacy Information Center) :

“I don’t think this is really a case about ISP liability at all. It is a case about the use of a person’s image, without their consent, that generates commercial value for someone else. That is the essence of the Italian law at issue in this case. It is also how the right of privacy was first established in the United States.

The video at the center of this case was very popular in Italy and drove lots of users to the Google Video site. This boosted advertising and support for other Google services. As a consequence, Google actually had an incentive not to respond to the many requests it received before it actually took down the video.

[...] Also important is the fact that the New York judge who rejected the privacy claim, suggested that the state assembly could simple pass a law to create the right. The New York legislature did exactly that and in 1903 New York enacted the first privacy law in the United States to protect a person’s « name or likeness » for commercial use.”

Alors, quelle conséquence pour la liberté d’expression ? Selon moi, aucune. La conséquence est clairement identifiable pour Google etc. Mais la solution est toute trouvée : si chacun prend en main sa publication et donc prend toute la mesure de sa liberté d’expression, sans abandonner le contrôle qu’il a sur celle-ci, n’aurait-on pas fait un pas en avant vers plus de liberté, un pas vers des comportements responsables pour l’Internet libre ?


NB. Bon cela dit je viens de lire un peu plus à propos de ces deux décisions de justice… et je dois avouer que je ne suis pas sûr qu’elles soient toute deux vraiment tenables… À suivre.

Google Buzz, départ manqué et vie privée

Google a lancé cette semaine son nouveau produit, Google Buzz. On y voit sans conteste une tentative de faire de l’ombre à Facebook et il faut dire que Google a les atouts pour le concurrencer. Évidemment, avec tous les services Google que les gens utilisent, ça fait un paquet d’informations à partager. Interconnectez le tout, ajoutez un nom piqué à Yahoo! et un logo à la Google et vous obtenez Google Buzz.

Je dois dire que l’outil lui-même souffre encore de quelques imprécisions (notamment, comment est-ce que j’y partage automatiquement les billets de mon blog?) mais je dois dire que techniquement, c’est pas mal du tout. J’aime bien notamment cette capacité à tout centraliser (compte Twitter, photos Flickr et la ribambelle de services Minitel 2.0), couplé avec des protocoles et APIs ouverts, ça a du potentiel.

Mais évidemment, comment ne pas rater plus magistralement le lancement de son produit? Les problèmes de vie privée ont été au cœur des commentaires – et à juste titre. Rendre public par défaut la liste des abonnés publique, c’est-à-dire montrer à tout le monde avec qui vous échangez le plus de mails privés faut-il le rappeler; et aussi partager ces informations sans votre consentement, mais par défaut… on pouvait difficilement faire plus maladroit.

Les premières victimes n’ont pas tardé à se faire entendre. (Lire notamment F*ck you, Google, où la bourde de Google a des conséquences très très dommageable pour cette personne). Correction: la page est désormais bloquée, donc pour savoir de quoi il était question, lire l’article du Guardian.

Alors évidemment, Google est largement responsable. Les courriels échangés via Gmail relèvent de la correspondance privée. Il ne viendrait jamais à l’idée de Google de publier les destinataires de vos courriels, c’est pourtant ce qu’ils ont fait maladroitement avec Buzz et la liste par défaut des abonnés (sans compter le partage automatique des contenus détenus par d’autres services Google, comme Reader, que cela impliquait).

Le magazine Wired, tient désormais un sondage intitulé « What Buzzeth you About Google Buzz? » sorte de top50 des erreurs et des fautes de Google.

Cependant, j’aimerais quand même rappeler quelque chose… notamment à la lecture de cette réponse (numéro 3) du sondage :

Breach of Trust
by Anonymous

I am a lawyer. The names of clients, witnesses, investigators, and expert witnesses are all confidential, and Google just breached the trust that my clients have in me to keep ALL of their information confidential. I signed up for email. Not social networking. We can no longer trust Google. They do not appreciate our privacy. Lawyers must immediately cease using Google provided services since they breach our client’s privacy.

Premièrement, je trouve l’attitude de cet avocat plutôt maladroite. Il a la confiance de ses clients, ses témoins et des enquêteurs etc. et qu’a-t-il fait de la responsabilité qui lui incombe de protéger leur confidentialité? Il a donné l’entière responsabilité de cette tâche à Google. J’aimerais connaître les raisons qui peuvent l’amener à faire confiance à Google. Ça me rappelle l’histoire de ce trafiquant d’arme belge, arrêté notamment via les courriels qu’il échangeait sur Gmail. C’est cocasse.

Car si encore Gmail n’était que votre facteur, je peux comprendre que vous fassiez confiance à Google comme facteur. Après tout, vous devez faire de même avec la Poste. Mais que vous lui laissiez toutes les données, tous vos courriers et toutes les informations qu’ils contiennent… La confiance implique le principe de mutualité. Quelle mutualité y a-t-il entre vous et le géant Google?

Deuxièmement, le courrier c’est une chose… mais Buzz centralise et partage, interconnecte en quelque sorte toutes les données que vous confiez à Google. Et c’est là le drame, certains se rendent compte de la masse d’informations faramineuse qu’ils ont confiée et qui ne sont pour Google qu’à la portée de quelques clics et modifications, et tout ça sans aucun contrôle possible de votre part (ou si peu).

Je pense qu’en ce qui concerne les problèmes de vie privée, le pouvoir de nuisance de Google n’est que le pouvoir que nous, utilisateurs, voulons bien lui donner, en abandonnant non seulement nos données, mais aussi notre propre responsabilité de protéger notre vie privée; une responsabilité qui incombe à tous et dont les répercussions se font sentir dans toute la société.

Enfin, pendant ce temps-là chez Facebook, on va aussi sur le terrain de Google. En dévoilant un peu plus leur application de messagerie instantanée, ils se rapprochent de Google Talk. Pour finir sur une note positive, ça nous fait encore plus de personnes qui utilisent XMPP/Jabber. Bonne nouvelle.