Archives par mot-clé

politique

Internet : l’État français n’apprend-il rien ?

Alors que la Neutralité du Net revient dans le débat politique, l’État français, ici par l’intermédiaire d’Éric Besson, ministre de « l’Économie numérique », s’illustre à nouveau dans son incapacité à envisager les promesses de l’avenir, que la Neutralité du Net et Internet permettent de concrétiser… Avec la soumission aveugle aux intérêts de certains.

L’histoire se répète, et la France va-t-elle encore manquer d’importants virages économiques, démocratiques et techniques, comme ce fut le cas en 1977 ?

L’administration des PTT n’a pas ménagé ses critiques envers un concept qui s’éloigne radicalement de sa propre philosophie des réseaux. […] Les dirigeants de l’avenue de Ségur ont réalisé qu’un réseau ouvert, géré par ses utilisateurs, n’est guère compatible avec le monopole des PTT et pose bien trop de problèmes de facturation. […] Cyclades vient donc d’être sacrifié sur l’autel d’une forme de réalisme.

AB & PG

Code Source, hebdomadaire de l'INRIA

Ne laissez pas les négociateurs d’ACTA vous rouler dans la farine

Par Philippe Aigrain (English version), CC BY-SA

Faisant face à la montée d’un débat critique, les négociateurs de l’accord international commercial ACTA, et, en Europe les gouvernements qui leur donnent un mandat de négociation construisent un rideau de fumée. Ils répètent aux critiques venant de divers segments de la société civile (défenseurs des libertés et des droits, mouvement d’accès aux médicaments et aux connaissances) de ne pas se faire de souci. Tout est pour le mieux, le processus n’est pas moins démocratique que d’habitude, les droits et libertés ne seront pas plus mis en danger qu’ils ne le sont déjà, rien n’allant au-delà de l’acquis communautaire en matière d’exécution des droits ne sera inclus dans le traité, l’accès aux connaissances et à la santé ne quitte jamais leurs pensées, Internet restera ouvert, etc.

Ne vous laissez pas rouler dans la farine. Des éléments précis ont été dévoilés montrant que :

Quand un processus est à ce point hors du contrôle démocratique, quand il est si potentiellement dangereux pour la liberté d’expression et les droits fondamentaux, si évidemment construit pour les besoins de quelques intérêts privés et du fanatisme du contrôle, quand ce processus a tant de chances de devenir encore pire dans le futur, le temps n’est plus à la limitation de dégâts. ACTA doit être stoppé, point. Dites-le à vos amis, à vos parlementaires nationaux et européens, à vos gouvernements si vous avez une occasion de leur parler. S’il y a une élection prévue faites savoir que vous ne voterez jamais pour un candidat qui ne s’engagerait pas à l’arrêt définitif des négociations ACTA et à refuser tout nouveau mandat pour ce type d’accord international.

L’ACTA et la Société de l’Information, lutte de pouvoir et défi pour notre génération

Mise à jour 23/03 : Une version consolidée de l’ACTA datant du 18 janvier vient d’être révélée par la Quadrature du Net. Retrouvez le document complet en téléchargement (pdf) ici.

J’aime penser que parmi les éléments qui forgent une génération, les luttes politiques sont au premier plan. Chaque génération a ses luttes politiques, ses nouveaux enjeux, de même que chaque jeunesse a ses différends avec les générations précédentes, et ces différends ont également beaucoup à voir avec la façon dont chacun s’exprime. Ainsi, certains problèmes, formulés de façons totalement différentes, peuvent apparaître sous des angles inédits, et parfois même être surpassés.

Or, parmi les éléments qui aident à surpasser les problèmes politiques, les contextes économiques et socioculturels jouent un rôle déterminant. Mais au-delà, l’élément technologique est indéniablement primordial. D’ailleurs, le sens du mot « technologie » est lui-même vecteur de cette idée de génération. Ainsi, Alan Kay définit la technologie comme tout ce qui a été inventé après votre naissance ou bien tout ce qui ne fonctionne pas encore.

Évidemment, je ne dis rien d’extraordinaire ici… et je pense que c’est un truisme de dire que, sans le bond technologique que représente l’invention de l’imprimerie, la société de la Renaissance aurait peiné à voir le jour ; ou bien que sans les révolutions industrielles, les sociétés des XIXème et XXème siècles n’auraient pas été les mêmes, ou enfin dire que sans la télévision et la radio, nous vivrons dans un monde méconnaissable de celui qu’est le notre.

Si la technologie est tellement un vecteur de changement, c’est principalement par sa portée politique, plus précisément par les nouveaux rapports (de force) qu’elle permet d’instaurer (parfois de façon assez endogène). C’est bien pour cette raison qu’Internet, le Web et l’informatique, représentent un enjeu politique important, et amènent une ère numérique pour une société nouvelle, qu’on a tendance à nommer la société de l’information. On parle d’information, parce que ce terme représente bien ce que le numérique a de volatile et d’insaisissable.

Mais plus précisément, le bouleversement apporté par les TIC est double :

  • elles changent notre façon de nous exprimer, de créer et d’échanger (exemples : twitter, ou les blogs, qui permettent à chacun de s’exprimer et de publier à destination du monde entier et de façon persistante)
  • elles créent de l’information, partout. Tout objet est porteur d’une information, d’un élément immatériel, qu’on va traduire par des 0 et des 1. Tout est fichier disait Ken Thompson (exemples : le génome humain, qui n’est pas un code binaire mais quaternaire, l’ADN : A, C, T, G — ou encore la réalité augmentée).

La Société de l’Information, qui reste encore à venir, mais que nous construisons maintenant, est donc cette société où tout sera numérique. Le mouvement a déjà commencé avec les logiciels par exemple, alors mêmes que ceux-ci existaient bien avant l’avènement de l’informatique sur les ordinateurs (ainsi, le premier programme informatique a été écrit en 1843 par une femme, Ada Lovelace). Mais on voit déjà que cela s’étend à l’édition, la presse, la musique, la politique (voir l’initiative Regards Citoyens).

Or, il y a là un véritable enjeu de pouvoir, une lutte et un défi pour notre génération, celle qui doit construire une société de l’information qui soit aussi vecteur d’un meilleur-être. Le numérique créée un pan entier du savoir et de l’économie, sur lequel plusieurs acteurs prétendent à décider.

L’ACTA, l’accord commercial anti-contrefaçon, est un de ces textes politiques internationaux qui changent le monde, celui d’une génération contre une autre.

Ce mois-ci, Le Monde Diplomatique posait cette question en première page : La propriété intellectuelle est-elle le pétrole du XXIe siècle ?

J’aime beaucoup cette analogie. Comme le pétrole, la propriété intellectuelle est vouée à disparaître. Comme le pétrole, ses effets néfastes sur notre écologie (intellectuelle) sont décriés chaque jour, et comme le pétrole, la propriété intellectuelle créée des guerres nouvelles, parce qu’il est moteur d’activité économique et de profits pour certains.

Si la guerre économique est en place depuis des décennies, par exemple sur les logiciels où elle prend la forme du combat entres les logiciels libres et les logiciels privateurs – la guerre politique est elle en train de se mettre en place avec l’ACTA au niveau mondial.
Continue

Suivre les débats sur la loi LOPPSI

En ce moment à l’Assemblée nationale est examinée la loi LOPPSI (Orientation et Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure), pot-pourri de mesures sécuritaires et liberticides avec entre autres au menu : censure de l’internet par filtrage (sur décision du ministère de l’intérieur) et vidéosurveillance.

Officiellement, on parle de « combattre le fléau de la pédo-pornographie sur l’internet » et de « vidéoprotection». C’est ce qu’on appelle les miracles du novlangue mélangé avec l’efficacité avérée de la propagande classique.

Pour suivre un peu les débats, voici quelques pistes

Voir les séances en direct à l’Assemblée nationale

Ça se passe sur le site de l’assemblée nationale. Le plus simple est d’ouvrir dans votre lecteur vidéo favori : rtsp://a384. [...] mp4/fluxh264live1.sdp

Les « gazoullis »

Vous pouvez aussi suivre ce qui se dit sur twitter, mais il y a beaucoup de choses plus intéressantes sur identi.ca #loppsi. Pour savoir en bref ce qui se passe dans les tribunes de l’Assemblée, il y a l’excellent groupe Regards Citoyens qui publie sur son site un compte-rendu en direct.

La Quadrature du Net

Enfin, lisez le dossier et les communiqués de presse des citoyens de la Quadrature du Net sur le sujet. N’oubliez pas que leur action n’existe que grâce à notre soutien.

Assister aux débats à l’Assemblée

Si vous êtes sur Paris, n’hésitez pas à essayer d’assister aux débats, c’est très enrichissant.
Les détails: Comment assister aux débats par DeputésGodillots.Info

Mais que fait la police ? par Le Tigre

À propos du Tigre : Le Tigre est une revue assez particulière, teintée d’ironie et d’une certaine dose d’esprit qui fait souvent défaut dans les magazines. Leurs articles sont disponibles à la fois en version papier mais aussi sur le site Web. De plus, je viens de m’apercevoir que tout cela est fait entièrement avec des logiciels libres et que les articles sont publiés sous une licence qui autorise la diffusion et la modification du contenu ! Donc voici un petit article qu’il m’a semblé important de partager.

Continue

Stratégie politique 2.0 mais surtout zéro

J’ai bien l’impression que les bling-bling politiques ont trouvé une nouvelle manière d’attirer l’attention… Vous avez deux ingrédients pour cela,

  • une stratégie “Web 2.0” ; on fait participer les anonymes à la fois dans l’objet lui-même et dans la promotion de l’objet via les réseaux sociaux du type twitter, facebook
  • se tourner au maximum en ridicule, ça fait toujours parler de soi et toute publicité est bonne à prendre.

On a eu Ségolène Royal et son nouveau site Web désir d’avenir (je vais pas revenir dessus).

Dernier exemple en date, le lipdub des jeunes écervelés de l’UMP avec en vedette pas mal de membres du gouvernement. Pour les vieux, le lipdub c’est la nouvelle mode qui vient des universités américaines pour promouvoir son groupe (que ce soit son école ou ici, son parti politique). Il consiste à avoir des jeunes se trémousser devant la caméra en chantant en playback sur une mélodie entraînante. À SciencesPo, nous n’y avons pas échappé.

Mais faut dire que celui de l’UMP surpasse tout ce que j’ai pu voir d’affligeant et de pathétique. Mais ils réussissent leur coup, on en parle déjà alors que la version officielle n’est pas encore sortie.

À voir sur Dailymotion (en Flash).