Conférence : Qu’est ce qu’Internet ? Impacts sur la société, conséquences politiques

Brève | Commenter

Ce soir, l’association Libertés Numériques conclut son cycle de trois conférences données par Benjamin Bayart sur le thème « Qu’est-ce qu’Internet ? »

Cette semaine, l’objectif est de conclure sur les impact sociétaux d’internet, ses conséquences politiques de manière interactive avec des invités. Neutralité du Net, Impact politique de la centralisation d’internet, impact politique du poids de Google et Facebook. Autant de questions abordées ce soir.

L’entrée est libre !

Date: mardi 4 mai
Heure: 19h15
Lieu: Sciences Po, amphi Albert Caquot, 28 rue des Saints Pères, Paris

 

Lettre ouverte à Steve Jobs (et réponse de Jobs)

FSFE, Opinions, Planet Libre | Mots-clés : , , | 15 commentaires

Retrouver l’original sur mon blog à la FSFE, en anglais.

Cher Steve Jobs,

Ayant lu vos Pensées sur Flash, je ne pouvais pas être d’accord davantage avec vous. Flash n’est pas le Web et je suis heureux de voir Apple saisir l’opportunité offerte par les standards ouverts pour concevoir de meilleurs produits pour leurs clients.

Mais je ne suis pas si sûr de votre définition du mot Ouvert en général. Je ne vais pas ici arguer qu’il est ironique que vous trouviez l’Apple Store plus ouvert que Flash. Je ne me plaindrai pas non plus que vous aimez tellement l’Ouverture que lorsque vous utilisez du logiciel « Open Source » pour construire votre système d’exploitation Mac vous gardez toute l’ouverture pour vous et ne la partagez pas avec vos clients, ni avec les développeurs dont le travail vous a été très utile.

Je trouvais qu’écrire une lettre ouverte était une façon appropriée de vous rappeler quelques petites choses que vous pouvez avoir oubliées — peut-être de bonne foi — à propos des standards ouverts.

Il est vrai que HTML5 est un standard ouvert émergent et je suis content que vous l’avez adopté (enfin, aviez-vous réellement le choix de toute façon?). Cependant je dois dire que je suis impressionné par la manière avec laquelle vous avez réussi à dire combien Apple faisait pour les standards ouverts contre Flash… tout en expliquant que la vidéo sur Flash n’est pas un problème parce que Apple implémente un autre codec vidéo, H.264.

Puis-je vous rappeler que H.264 n’est pas un standard ouvert? Ce codec vidéo est couvert par des brevets et les producteurs ainsi que les utilisateurs commerciaux de vidéos qui utilisent H.264 doivent payer des redevances pour les licences de brevet sur la technologie. C’est pourquoi Mozilla Firefox et Opera n’ont pas adopté ce codec vidéo pour leur implémentation de HTML5, et qu’ils ont décidé de choisir Theora comme alternative ouverte et durable.

La Free Software Foundation Europe contribue à créer le consensus et à améliorer la compréhension des Standards Ouverts depuis quelques années déjà. je suis sûr que nous serions heureux d’aider Apple à prendre la bonne décision. Donc pour commencer voici la définition:

Est entendu par Standard Ouvert un format ou protocole qui est :

  1. sujet à la pleine appréciation du public, libre de toute contrainte d’utilisation et accessible sans discrimination à toutes les parties ;
  2. dénué de tout composant ou extension dépendant de formats ou protocoles qui ne répondent pas eux-mêmes à la définition d’un Standard Ouvert ;
  3. affranchi de toute clause légale ou technique qui limite son utilisation pour un utilisateur donné ou une situation commerciale donnée ;
  4. administré et développé indépendemment de tout fournisseur dans un processus ouvert, sans discrimination à la participation des concurrents et des tierces parties ;
  5. disponible sous différentes implémentations complètes réalisées par des fournisseurs concurrents, ou sous une seule implémentation complète accessible sans discrimination à toutes les parties.

Hugo Roy
April 2010


La réponse de Steve Jobs (sources du courriel)

De : Steve Jobs
À : Hugo Roy
Sujet : Re: Open letter to Steve Jobs: Thoughts on Flash
Date : Fri, 30 Apr 2010 06:21:17 -0700

Tous les codecs vidéo sont couverts par des brevets. Un groupe de brevets [patent pool] est en train d’être assemblé pour poursuivre Theora et d’autres codecs « open source » maintenant. Malheureusement, juste parce que quelque chose est open source, ne signifie ou ne garantit pas qu’il n’enfreint pas les brevets des autres. Un standard ouvert [open standard] est différent d’être libre de droits [royalty-free] ou open source.

Envoyé depuis mon iPad

 

Le président allemand décore le fondateur de la Free Software Foundation Europe

FSFE | Mots-clés : | Commenter

Le Président de l’Allemagne a décoré aujourd’hui Georg Greve, l’un des fondateurs de la Free Software Foundation Europe, dans laquelle je travaille depuis septembre. C’est une excellente nouvelle, qui montre la valeur du logiciel libre, témoigne d’une reconnaissance à l’égard du travail mené depuis 2001 qui ne peut que faire plaisir. Et même s’il reste beaucoup de chemins à parcourir, « la voie est libre » ;)

Georg Greve, fondateur de la FSFE décoré de la Croix allemande du mérite

Berlin, le 28 avril 2010 (source). Georg Greve, fondateur de la Free Software Foundation Europe a été décoré de la Croix du mérite par la République fédérale d’Allemagne (Verdienstkreuz am Bande). Le Président allemand a ainsi récompensé son travail dans le domaine des Logiciels Libres et des Standards Ouverts.

« La FSFE est fière d’avoir un chevalier à ses côtés », déclare Karsten Gerloff, président de la FSFE. « La dévotion inouïe dont Georg a fait preuve au service de la liberté dans le monde numérique a été une véritable locomotive pour les Logiciels Libres en Europe et dans le monde. Il a invité les Logiciels Libres au calendrier politique et a créé les structures pour canaliser l’énergie de la communauté vers des objectifs partagés. Par son travail acharné pendant plus de dix ans, il a considérablement fait évoluer les Logiciels Libres.

Avec la FSFE, Georg a travaillé d’arrache-pied pour que les Logiciels Libres soient compris comme technique culturelle. Il a donné à ceux-ci une voix aux Nations Unies, notamment à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) et au Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Avec la Freedom Task Force, il a été l’architecte d’un centre d’expertise sur les aspects juridiques des Logiciels Libres et a fait naître le concept de pérennité juridique des projets de Logiciels Libres. Il est aussi à l’origine (en anglais) de la résistance de la communauté contre le format OOXML de Microsoft et a travaillé sur le premier projet de Logiciels Libres financé par l’Union européenne. Sous la direction de Georg, la FSFE a aussi été un acteur clé du rejet des brevets logiciels en Europe.

« Je suis très honoré par la reconnaissance officielle que cette distinction apporte aux Logiciels Libres et aux Standards Ouverts » déclare Georg Greeve. « En l’an 2000, j’ai décidé de me dévouer pleinement à cette cause, car j’avais le sentiment que c’était nécessaire : je sentais que j’avais compris comment les logiciels modèlent notre société. Mais je me suis aussi rendu compte que la société, de son côté, n’avait pas encore compris combien elle était modelée par les logiciels. J’espère que cette distinction conduira les gens à s’ouvrir à ces questions et soutiendra le travail de la FSFE qui est, aujourd’hui plus que jamais, crucial. »

À propos de Georg Greve

Né le 10 mars 1973 sur l’archipel allemand de Heligoland, Georg Greeve suit des études scientifiques classiques de physicien. Il est diplômé de la faculté des sciences informatiques de l’Université de Hambourg dans le domaine des nanotechnologies.

Il a conçu des logiciels dès l’âge de douze ans. En plus de la première publication d’un de ses programmes dans une revue professionnelle en 1991, ses talents de développeur lui ont permis de payer une partie de ses études : il géra le développement d’un logiciel destiné à évaluer les données des capteurs SQUID pour le laboratoire de « biomagnetométique » du CHU d’Eppendorf à Hambourg, en Allemagne.

En 1993, il découvre les Logiciels Libres et GNU/Linux. En 1998, Georg Greeve devient un porte-parole européen pour le projet GNU. À cette époque, il a aussi commencé à rédiger le Brave GNU World, un papier mensuel sur les Logiciels Libres publié dans le Linux-Magazin allemand, dans d’autres magazines de par le monde et sur le Web dans dix langues différentes.

Début 2001, avec un ensemble de personnes dévouées aux Logiciels Libres, il crée la Free Software Foundation Europe (FSFE) : c’est la première Free Software Foundation en-dehors des États-Unis d’Amérique et la plus internationale à ce jour. Construire et coordonner la FSFE comme une organisation non gouvernementale européenne était le cœur de son travail durant la majeure partie de cette dernière décennie.

Ayant dirigé la FSFE pendant huit ans, Georg Grevve est maintenant PDG de Kolab Systems, une société de Logiciels Libres qui fournit des services autour de la Kolab Groupware Solution. Il est toujours actif au sein du Conseil d’administration de la FSFE et du comité exécutif. Marié heureux, il vit avec sa femme Ava à Küsnacht, près de Zürich.

(Vous pouvez aussi vous référer au profil de Georg sur le site de la FSFE, à une interview détaillée, et à sa réaction personnelle concernant sa décoration de la Croix du mérite.)


La reproduction exacte et la distribution intégrale de cet article est permise sur tout support, pourvu que cette notice soit préservée.

 

Pourquoi je n’utiliserai plus Facebook

Opinions | Mots-clés : , , , , | 313 commentaires

Jusqu’à présent, Facebook était un « réseau social » qui permettait à ses utilisateurs de se relier entre eux en « devenant amis » pour ainsi partager et publier des informations, des liens et des contenus. Certes, si on publiait sa vie privée sur facebook, on pouvait se mordre les doigts et commencer à se poser des questions : « ma vie privée est-elle menacée par facebook ? », « faut-il instaurer un droit à l’oubli pour protéger les jeunes de leur utilisation de facebook ? »

J’ai déjà décris ce que j’en pensais. Souvent les questions qu’on se posait vis-à-vis de facebook était mal fondées, et reposaient surtout sur un manque de connaissance des technologies sous-jacentes, à savoir principalement le Web, et d’une incompréhension des pratiques sociales, à savoir la notion de « vie privée » ou de privacy en anglais, et sa perception.

Jusque-là, d’après mon observation de l’intérieur de ce « réseau », j’ai trouvé qu’il n’y avait pas grand mal à y être inscrit, car c’est un important média qui m’a permis de partager quotidiennement des liens, ainsi que les articles de ce blog, à plus de cent personnes à chaque fois. En revanche, ne pas être inscrit à facebook représentait des désagréments nombreux: ne pas être tenu au courant des évènements (à Sciences Po, facebook est très utilisé pour l’organisation des conférences, etc.), l’impossibilité de communiquer avec les autres (car le chat de facebook est très utilisé et ne permet de se connecter qu’entre utilisateurs du réseau), ne pas accéder à cette base de données somme toute bien pratique (retrouver un numéro de téléphone, une adresse email, ou bien une connaissance). D’autre part avec l’augmentation du nombre d’utilisateurs et l’effet réseau, avec en plus la pression sociale, il me semblait idiot de renoncer à tout ça juste parce que facebook était un réseau centralisé (on appelle ça le Minitel 2.0 si vous ne savez pas).

En somme, le calcul avantages moins les inconvénients était supérieur à zéro, surtout si, comme moi, on est soucieux de garder le contrôle de sa vie privée et que donc on n’a ni souscrit, ni publié tout et n’importe quoi.

Mais voilà, cette semaine, facebook a annoncé ses plans et les changements qu’ils venaient de mettre en place. Et là, la balance a totalement basculé. Il est hors de question que je continue à utiliser ce « service » et encore moins d’encourager les autres à le faire.
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Un client pour Google Buzz

Opinions | Mots-clés : | 2 commentaires

Pour ceux qui souhaiteraient utiliser Google Buzz sans avoir à ouvrir Gmail, il y a une petite astuce assez efficace.

  1. Télécharger l’extension Firefox Prism. Il s’agit d’une extension officielle venue des Labs Mozilla.
  2. Aller sur m.google.com/app/buzz?force=1 : il s’agit du lien vers l’interface mobile de Google Buzz.
  3. Aller dans le menu de Firefox Outils > Convert Website into Application

Pour l’instant, contrairement à si vous aller sur m.google.com/app/buzz?force=1 directement avec Firefox, la géolocalisation n’a pas l’air de fonctionner, ni la possibilité d’envoyer un nouveau buzz. Si quelqu’un sait pourquoi, merci de m’éclairer :-)

La possibilité de commenter, elle, fonctionne bien.

 

Le Minitel, une si belle invention

Citations | Mots-clés : , | 2 commentaires

On nous dit que le monde entier nous envie le Minitel. Je ne sais pas s’il nous l’envie, messieurs, mais je peux en tout cas vous dire une chose avec certitude, c’est qu’il ne nous l’achète pas Bruno Lussato, professeur au CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers), 1988.

Le problème, c’est que maintenant, on se les arrache. Et avec une pomme dessus.

It’s a fetishist’s Minitel with brushed aluminum and a touch screen. The iPad isn’t a computer